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Bettina Hoffmann
du 14 janvier 2000 au 19 février 2000
Affaires infinies

«Je est un autre»: cette phrase d’Arthur Rimbaud, plus que toute autre, accompagne les débats modernes concernant la question du sujet. Dans les photographies de Bettina Hoffmann, elle se présente de façon banale, presque insignifiante. Deux femmes sur un lit, comme après une dispute. Trois femmes dans une cuisine; une ambiance tendue, difficile. C’est seulement en y regardant de près qu’on s’aperçoit que les personnages dans l’image sont identiques. Bettina Hoffmann insère ses autoportraits dans des scènes réalistes ou, à l’inverse, elle les fait se déployer dans une multitude de rôles bien déterminés.

«Je est un autre»: la phrase n’a rien perdu de son effroi. Un mélange inusité de familiarité et d’étrangeté s’insinue dans les photo-scénarios de Hoffmann. Leur mise en place est celle des photos de famille. Comme des soeurs, les femmes représentées se connaissent tellement bien qu’elles se passent désormais de mots. La tension que génèrent les images provient des variations de potentiel entre les actrices et aussi de l’ambiguïté de la scène, comme en état de suspension. Les personnages occupent des positions précisément équilibrées au sein de cette scène. Les images produisent également l’effet d’un film arrêté: elles réfèrent à un événement, un incident, qui régit la scène, mais qui a lieu à l’extérieur du portrait.

Bettina Hoffmann travaille l’ambivalence, le conflit qui existe entre la proximité et la distance, l’identité et l’étrangeté, le mouvement et l’immobilité. Cette approche s’applique aussi au plan technique: les images travaillées à l’ordinateur ont la qualité de photos originales; elles semblent réalistes, mais demeurent en même temps synthétiques et abstraites.

«La photographie détruit les gens, du fait même qu’elle les représente», écrivait Siegfried Krakauer, «ce n’est pas la personne qui émerge de la photographie, mais la somme de ce qu’on peut lui dépouiller.» Parallèlement, les collages de Hoffmann montre aussi comment la photographie, ce médium de la ressemblance et de la reproduction, peut altérer notre conception de l’identité personnelle.

Bettina Hoffmann a grandi à Berlin-Ouest. Elle a étudié les arts plastiques à la Hochschule der Künste Berlin, à la Rijksakademie van beeldende Kunsten à Amsterdam et au California Institute of the Arts. Elle a reçu plusieurs bourses et participé à des programmes de résidence à Istanbul et à Weimar. Elle vit et travaille à Berlin et à Montréal. Parmi ses plus récentes expositions en 1999, mentionnons Ego Alter Ego – The self-portrait in contemporary photography, Nassauischer Kunstverein, Wiesbaden; Private Eye – crimes & cases, Haus am Waldsee, Berlin; CrossLinks, Galerie im Marstall, Berlin; space place, Kunsthalle Tirol, Autriche. Son travail a été présenté à la Galerie Michael Cosar à Düsseldorf, la Galerie in der Brotfabrik à Berlin (1998), et dans le cadre de Holländisches Bad, Kunsthaus Hamburg (1996), de Cherchez la femme, Kunsthaus Hamburg, et de Urbane Legenden – Berlin, Kunsthalle Baden-Baden (1995).

Bibliographie
- Couëlle, Jennifer, «Moi…et moi», La Presse, 12 février 2000, p.D18.
- Lamarche, Bernard, «Traité des passions», Le Devoir, 12-13 février 2000, p.D9.
- Long, Sari, «Reality Betrayed. Bettina Hoffmann’s unorthodox photography opens at Optica», The McGill Daily, 20 janvier 2000, p.9.
- Mackay, Brad, «Multiple Selves. Hoffmann’s photography extols the sublime over the shocking», The Link, 18 janvier 2000, pp.6-7 + page couverture.
- Mavrikakis, Nicolas, «Pris sur le vif. À signaler», Voir, 20-26 janvier 2000, p.44.
- McLeod, Dayna, «Battle of Wills», Hour, 3–9 février 2000, p.27.
- «Bettina Hoffmann», Mix, hiver 1999/2000, p.22.