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Fonds documentaire OPTICA (Service des archives de l'Université Concordia)

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Alexandre David
du 14 avril 2000 au 20 mai 2000
Dessins d’eau submergés

Chacune de ces photographies est faite à partir d’un dessin de vagues submergé. Le dessin se perd et se mêle à l’eau; les traits semblent remonter à la surface et suivre le mouvement des vagues. Les vagues dessinées sont autant relevées et accentuées que défaites par les remous réels de l’eau. On ne sait plus s’il y a amélioration ou détérioration de l’Image.

Cet effet de l’eau sur le dessin est répété par la prise de vue : le temps d’exposition, légèrement trop lent pour la vitesse des vagues, capte une distorsion continue des lignes du dessin. Cette trace du mouvement des vagues altère encore davantage le dessin sans qu’on puisse déterminer, de nouveau, s’il s’agit d’une dégradation de l’image ou non. On n’arrive même plus à départager le dessin de sa déformation par l’eau ou celle-ci de sa propre trace photographique.

Un objet vu à travers l’eau (ou réfléchi sur l’eau) nous donne, pour autant qu’on connaisse déjà l’objet, la mesure de l’écart entre son aspect normal et son image déformée. On voit de tels effets partout, souvent faits à l’ordinateur. De ce type d’images, j’ai voulu ne conserver que le désir de mesurer qu’elles suscitent. Ici, on ne peut pas retrouver le dessin initial. Le désir reste cependant, il devient même nécessaire à la compréhension de l’œuvre formée de rapprochements et d’éloignements entre ses qualités picturales et photographiques. Leur mesure ne pouvant s’accomplir, elle ne fait que commencer, elle ne saisit que leur motion. Il faut comprendre que c’est dans le regard que le mouvement se fait. Le désir de saisir l’écart met en action cet élan du regard qui tend vers une chose, sans couvrir de distance, sans pouvoir retrouver l’objet antérieur à la photographie. Parce qu’elle suit la même logique que son objet, parce qu’elle a un effet quantitatif sur lui, la documentation ne se départage plus de ce qui est documenté. Ce qui est photographié n’arrive pas à s’établir comme extérieur à l’image devant nos yeux.

Alexandre David est né en 1964 à Montréal où il vit et travaille. Il a étudié à l’Université Concordia, puis fait ses études de maîtrise au Slade School of Fine Art à Londres de 1988 à 1990. Il a participé à des expositions collectives, entre autres, à la Serpentine Gallery et à The Tannery à Londres, au musée Stedelijk et à la galerie Het Consortium à Amsterdam. Il a eu des expositions solo dans les centres d’artistes Obscure et Vu à Québec, à Vox et à la Galerie Rochefort à Montréal ainsi qu’à la Hales Gallery à Londres. Son travail recoupe la photographie, la sculpture et la peinture. Il est également chargé de cours à l’Université Laval depuis 1991.

Bibliographie
- Lamarche, Bernard, «Un tête-à-tête compulsif», Le Devoir, 6-7 mai 2000, p.D6.
- Mavrikakis, Nicolas, «Sens dessus dessous», Voir, 11-17 mai 2000, p.82.