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© Page couverture l Book cover, Wood of the West-Direction est, 1985.

Robert Iveson, George Sawchuk, Tommie Gallie, Marcel Gosselin, Terence Johnson, Rick Ross
du 29 janvier 1985 au 23 février 1985
Wood of the West – Direction Est

Voir le catalogue des publications.
Comme on pouvait s’y attendre, le bois est à la fois le thème et le matériau principal, le concept et le contenu de l’exposition. « Wood of the West/Direction Est », dont les artistes viennent de la Plaine et de la Colombie-Britannique.

Robert Iveson présente deux objets dont l’un est de facture plus artisanale qu’abstraite (A Step Closer/Un pas ensemble), et composé de planches vernies fixées sous un panneau central par des coulons, eux aussi en bois. Son autre œuvre, Harrows, exclusivement en bois elle aussi, est formée de quatre sections faites de planchettes entrecroisées, posées sur le sol, s’apparentant soit à une herse, comme son nom l’indique, soit aux rideaux de fer qu’utilisent certains magasins. La démarche d’Iveson (s’inspirer plus ou moins exactement d’un objet utilitaire, le récréer en changeant de matériau et le rendre inutilisable, c’est-à-dire le transformer en objet d’art) s’inverse chez George Sawchuk, qui incorpore des objets usuels à l’intérieur de ses sculptures.

Ces objets témoignent de la présence d’un monde extérieur à l’art : celui de la vie quotidienne. Sawchuk équarrit partiellement des troncs d’arbre et introduit dedans un livre de Lénine (dans New, New Testament), ou, dans Granary, une caissette remplie de grains. Autre manière : il bâtit un autel sur lequel il place des objets miniatures commémorant la mort de Louis Riel (The Sting of the Wasp : Requiem for Louis Rie) : une croix à laquelle il ajoute un gibet, un cercueil rempli de grains, un coffret renferment une médaille de saint Christophe, deux hampes au bout desquelles flottent les drapeaux britannique et québécois. Deux de ces œuvres sont déjà très représentatives des convictions sociales de l’artiste : son engagement envers les démunis, les travailleurs manuels et autres victimes du système.

Rick Ross et Tommie Gallie offrent un message plus léger et, dans le cas de Gallie, la métaphore est architecturale. Deux petites sculptures sont placées dans des endroits stratégiques (un coin de fenêtre et entre deux avancées du plafond), comme si elles étaient des supports structuraux : ce sont des tiges de bois flexibles, courbées sous la pression des blocs de bois qui les enserrent. Rick Ross combine un dessin et sa réalisation concrète, soit une patère (une branche peinte en blanc) à laquelle est accrochés un chapeau rouge… en bois.

Terence Johnson expose aussi un dessin et sa matérialisation, ce qui semble être la carène d’un navire. Toutefois, les sculptures et les dessins, très épurés, sont proches de l’art conceptuel (ce n’est pas tant de la navigation marine que de la céleste dont il est question). Un lien physique est créé entre le dessin et l’objet (contrairement à Rick Ross) : le support des bateaux est placé entre les deux dessins et des traits de craie indiquent l’axe où les poser.

Enfin, Marcel Gosselin se sert de matériaux pour signifier la fuite du temps, la vie et le déclin des choses. Sa manière nous renvoie aux gestes physiques de la cueillette puis de la mise en forme, de la mise en ordre. Dans Passage, Gosselin assemble branchettes, papier de riz, peaux très fines, allumettes, aiguilles, ampoules, miniatures, sur un panneau troué. L’accrochage sur le mur est plus un rappel pictural que sculptural, ce qui n’est pas le cas pour Aile et Flèche, branches dont le recouvrement s’écaille, ou pour Mirador, une multitude de branchettes immobilisées dans un socle de béton.

Sauf en ce qui concerne Ross, tous les artistes ont remarquablement soigné l’exécution et la finition de chacune de leurs pièces, ce qui nous ramène à la tradition historique de la sculpture et nous éloigne des ready – mades de Duchamp, soit de la remise en question de l’artiste comme artisan et du questionnement du statut de l’objet d’art. Le déplacement en dehors du champ de l’art s’effectue aussi chez Sawchuk, alors que Johnson et Gallie s’intègrent aux courants de l’art contemporain. Quant à Iveson et Gosselin, l’un est peut-être trop méthodique pour avoir une grande portée, du moins dans les œuvres présentées.
- Beaudet, Pascale, «Vent D'Ouest», Vie Des Arts, 1985