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June Leaf
du 5 mars 1985 au 23 mars 1985
Dessins, tableaux, sculptures

« (…) L’itinéraire de l’artiste emprunte trois modes de canalisation ; chacun semble correspondre à un certain degré d’émergence d’un processus de réification qui, lui, serait le filon continu, la narration inépuisable. Il y a d’abord les dessins ; d’abord parce que, dans la tradition classique, ils sont complices de la projection idéelle et fantasmatique, très près du griffonnage à la fois désencombré de la matière et compliqué de sensations enchevêtrées. Ces petits morceaux spontanés, précieux par l’habileté de leur tracer et leur annotation scripturale chargée, assurent en grande partie la cohésion iconographique de l’artiste autant que le repérage d’un fonctionnement plastique. Leur présence sur les murs ne ressemble pas toutefois à une mise à jour impudique. Pour June Leaf, les voies secrètes de l’imagination associative sembleraient moins le prétexte d’une dissimulation que celui d’une recherche tellement centrale qu’elle se doit d’être confiée.

Se joignent à cette confection intime des dessins, des séries plus cristallisées de peintures, de gouaches ainsi que des sculptures en métal et en bois. Du côté de l’enclos pictural, une facture souple, un peu barbouillée, une figuralité étrangement appliquée qui mélange la tache presque négligente, le frottis dermique et la trace véhémente d’accents de couleurs. Les tableaux sont parfois portraits : des proches de l’artiste lui assurant un équilibre émotif essentiel à la production. Ils sont aussi et surtout fixation d’une image archétypale, dévêtue parfois difficilement de l’entour textuel servant la narration intérieure qui l’a motivée. D’où un certain effacement de phrases dans l’image ; d’où peut-être aussi une horizontalité gestuelle sur la figure picturale, qui rappelle un peu la rature nerveuse de ce qui ne serait pas encore assez bien dit, pas encore assez bien sorti.

Les sculptures quant à elles s’acharnent sur le dévoilement des mécaniques multiples présidant à la matérialisation. Elles travaillent surtout le corps, sa fragmentation, et certaines fonctions liées à la rationalisation et à la viscéralisation. Les très petites sont fétichisantes en raison de leur format, de leur symbolisme et de leur fabrication qu’on sent méticuleuses, un peu chérie. D’autres plus grandes se préoccupent d’intérieurs, ouvrent des corps, des têtes pour faire jouer des organes mécanisés. La sculpture, chez cette artiste, s’entrelace étroitement avec son travail sur toile ou sur papier ; elle serait poussée par la pulsion analytique, autant qu’instigatrice d’un approfondissement réflexif sur les interactions entre pensée et matière (…) »
- Martine Meilleur, Parachute, N˚ 39, Juin, Juillet, Août 1985