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Evelyn Mitsui
du 16 novembre 1995 au 16 décembre 1995
Traiter de la vie, la mort et d’autres histoires

« Traiter de la vie, la mort et d’autres histoires » est un assemblage, un collage d’objets et d’histoires racontées par mes parents : de ce contes composés de plusieurs choses, incluant des souvenirs, un folklore et peut-être une fiction. Cette installation dépeint l’ironie et l’humour que l’on retrouve dans la vie, les cérémonies et le folklore d’avant et d’après guerre au Japon. Jetés pêle-mêle, de façon un peu brouillon et hors contexte, une myriade d’éléments mystérieux sont laissés sans réponse avec l’intention de provoquer le regardeur afin qu’il ou elle tire ses propres interprétations.

Les trois histoires…
La première histoire, racontée par mon père, relate ses souvenirs et ses pensées liés à la cérémonie funèbre de mon grand-père décédé lorsque mon père était âgé de vingt-quatre ans. Le corps lavé par l’aîné, pour être ensuite revêtu d’un kimono de coton blanc. Le kimono doit être déchiré, non coupé et cousu à la main par des femmes de la famille. Ensuite, le corps est incinéré dans un cercueil en bois. Les os sont alors transférés d’un récipient commun à une urne et sont passés d’un membre à l’autre de la famille, de baguettes en baguettes non assorties. La dernière partie de la cérémonie a éclairé mon père sur deux composantes en particulier : « Ne jamais manger avec des baguettes non identiques et ne jamais passer de la nourriture d’une baguette à l’autre ». On lui a dit que « cela apportera le malheur ».

La seconde histoire, une anecdote à propos de manger des tomates pendant la guerre, est racontée par ma mère. Ma mère et ma grand-mère ont été transférées pour leur sécurité de Tokyo à la campagne afin de rester avec de proches parents. Le village fut bombardé, tout fut détruit, la nourriture vint à manquer. Malgré cela, ma grand-mère continuait de servir à chaque repas des tomates fraîches. Finalement, l’on souleva la question de savoir d’où provenaient ces tomates? Ma grand-mère concéda, non sans dédain, de livrer son secret : un plant de tomates derrière la maison avait poussé sur la fosse septique fissurée.

Kappa, un personnage d’eau du folklore japonais, relie entre elles ces deux histoires. Il est un escroc, moitié tortue, moitié singe, avec un bec comme un oiseau, les mains et les pieds palmés. Sur sa tête, repose un plat qui doit toujours être rempli d’eau, car si le plat devenait sec, Kappa pourrait perdre ses pouvoirs. Les jeunes filles étaient averties d’être prudentes lorsqu’elles nagent dans les lacs et rivières car Kappa pourrait leur voler leur virginité. Les garçons étaient prévenus de ne pas rester trop près du trou dans la dépendance, Kappa pouvait leur prendre leurs testicules et leur voler leur virilité.
- Communiqué de presse (Optica)

Evelyn Mitsui est canadienne japonaise de seconde génération. Elle a habité durant les trois dernières décennies dans trois pays et continents différents : au Lésotho en Afrique du Sud, à Genève en Suisse et à Toronto au Canada. En 1990, elle terminait son baccalauréat ès art à l’Université York de Toronto. Depuis la fin de ses études, elle compte à son actif plusieurs expositions de groupe où elle est connue principalement pour ses installations in situ, dans des lieux ou sites non traditionnels et à priori non associés à la diffusion d’une œuvre d’art tels que des hangars, des sous-sols d’édifices, des hôtels. Mentionnons entre autres sa participation aux projets : « Chambernade » à l’hôtel Embassy à London en Ontario et « Chambre d’Hôtel » dans une auberge de jeunesse dans la ville de Québec dans le cadre du quinzième anniversaire de La Chambre Blanche à Québec. Récemment, elle conçoit d’adapter son travail à l’espace de la galerie comme en témoigne l’exposition de groupe à laquelle elle a participé à la galerie Mississauga en Ontario. À l’été 1994, elle était invitée pour une résidence d’artiste au Banff Centre, en Alberta.