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Michel Gaboury
du 6 avril 1982 au 24 avril 1982
Photographies

Rappelez-vous.
Voici quelque chose que nous voulons photographier.
Nous photographions alors le même sujet, une fois, deux fois, toujours à la recherche du bon cadrage, de la bonne lumière, de la bonne intensité émotive.

J’ai voulu décrire le geste de photographier, la répétition, les choix possible entre deux négatifs à peu près semblables. Le passage de temps entre deux négatifs consécutifs. Quelques secondes ou plusieurs heures. Quelles en sont les différences ? Une ombre de plus peut-être. Dans quelques cas, j’ai délibérément opté pour une séquence plus logique, une image complétant l’autre de façon formelle, comme par exemple, l’assemblage « Roches en tas ».

Toute cette fébrilité, ces gestes répétés, ces images en séquence, le temps qui s’écoule, tout ceci ne peut évidemment pas nous faire oublier l’image comme telle. Voici donc neuf ensembles. Des animaux, quelques humains, de la terre, des arbres, de l’eau. L’ensemble peut former une espèce de panorama très rapide de la vie sur terre. Je m’intéresse à ce qui croît, à ce qui bouge, à l’arrêt et au vide.

En manipulant ces grandes photographies, qui ne se manipulent pas facilement en raison de leur taille, je fais en quelque sorte en retour sur le papier photographique, le matériel, celui qui supporte l’image. Une photographie n’est pas seulement une image. C’est aussi un morceau de papier, plus ou moins grand, plus ou moins glacé. La grandeur des images, la qualité du papier, tout ceci questionne le contenant d’une image.

Ce matériel questionne aussi dans le sens de la brisure. La grandeur, les réflexions sur le papier glacé, tout ceci brise l’image traditionnelle. Et cette image que je brise, de la recolle à ma façon.

Dans un deuxième temps, je réagis au choix, à l’assemblage, à l’ensemble. Mon œil, mon bras réagissent aux masses noires, aux masses blanches. Je trace des lignes, plus ou moins courtes, avec du papier adhésif. Je réagis aux formes de l’image. Bandes blanches et noires, aux couleurs de l’impression photographique. Le blanc et le noir. Le blanc apposé sur le noir, le noir sur le blanc, créant ainsi un rapport visuel entre l’image et les bandes, par opposition. Dans certains cas, la réaction, c’est-à-dire mon geste, est négative. Voilà de longues bandes qui déséquilibrent l’image que je présente en ramenant l’intérêt de celui qui regarde, vers la surface du papier. Il y a là un geste qui détruit en partie, qui veut couper.

Ailleurs, les bandes plus petites veulent, au contraire, souligner l’image. Je pense aux #9, Pluie de neige : petits morceaux de papier blanc, qui font en quelque sorte écho à la fine pluie de neige ; ou encore au #5, Poulets à la King, œuvre où les bandes répètent, en quelque sorte, le grain que les poulets mangent.

Le geste de coller enfin, d’apposer ces ensembles sur un mur, répète, complète le geste initial de poser des bandes blanches ou noires sur les assemblages. Il complète cette fois-çi, en reliant l’image au mur. J’aimerais que l’on parle de cette série comme d’une réflexion sur le processus, sur l’action de photographier.
- Déclaration de l'artiste (Optica)