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Walter M. May
du 6 avril 1982 au 24 avril 1982
«Looks Real» «Feels Real»

Cette installation aborde le problème du contraste illusion/non - illusion ; je préfère encore mieux parler du truqué et du vrai. Revient toujours la question suivante : combien l’observation peut-elle être valide avant qu’elle ne soit obtempérée par nos préconceptions ?

Les boîtes - serpents (coffret d’étalage) sont intéressantes par le biais de l’illusion souvent apparente dans les idées qu’on leur associe. La boîte porte un texte qui est faux. Il n’est nul part indiqué sur la boîte que celle-ci contient un serpent. La boîte indique snake (serpent). La boîte énonce looks real (paraît réel, visuellement), feels real (paraît réel au toucher) et wiggles like real (tortillement vraisemblable). Cet énoncé implique l’irréel.

En examinant de plus près, il devient évident que les serpents en caoutchouc ne portent aucune ressemblance à de vrais serpents, car ils ne sont réels ni au coup d’œil, ni au toucher, pas plus que dans leur tortillement. En fait, on s’étonne que ceux-ci peuvent tant différer des serpents réels. Si un artiste devait créer la vérisimilitude en caoutchouc d’un serpent, je suis convaincu que celui-ci produirait une imitation fort bien réussie. S’accaparer d’un serpent, en faire le moulage, puis la fonte en caoutchouc pour ensuite peindre le tout d’une manière réaliste. Ça devient intéressant lorsque des gens qui ne sont pas artistes s’engagent à créer une illusion.

Les serpents en caoutchouc servent uniquement dans des situations dépourvues d’inspection trop exiguë. La réaction ne se produit qu’à partir de l’aperçu… du choc ou bien de l’éloignement.

Ces serpents sont l’exagération même ; proviendraient-ils d’une bande dessinée ? Il faut peut-être dépendre de l’exagération pour assurer une réaction, celle qui revient de l’esprit des toiles sur velours noir ou des couleurs fluorescentes, c’est-à-dire en mettre plus qu’il n’en faut. Peut-être faut-il se servir de serpents à style bandes dessinées, afin d’empêcher une vrai panique.

Le nouveau contenu des boîtes introduit d’avantage le truqué, notamment la peau de serpent simulée…ou bien des matériaux d’art simulés (par exemple, le faux marbre). Aucune des simulations ne se rapproche de la réalité (la peau de serpent porte une teinte rouge ; il y a même une note fausse dans cet élément puisque sa couleur est tellement incroyable). À même les boîtes serpents, on trouve des tableaux superbes. Tout comme les fabriquants de serpents en caoutchouc, leurs artistes commerciaux se livrent à l’illusion. Le Mur… les apparences trompent couleur, jugement, attentes.

L’illusion du mur : il ressemble à tous les autres. Il paraît ainsi du devant. Le spectateur peut trouver des indices lorsqu’il s’approche du côté plat : par contre peu de gens aperçoivent les petits bouts de deux-par-quatre visibles aux bords de l’objet. Lorsqu’on le contourne la réalité se révèle avec un brin d’humour. Le support du mur est construit à partir du fatras le plus tordu, reployé et déjeté qu’il soit possible de trouver. De tels matériaux, déjà assez amusants, nous obligeons à repenser. On ne peut plus se contenter des mesures, de la coupe et enfin de l’assemblage du bois. Toute activité, soit-elle des plus simples, est rendue plus complexe lorsqu’elle incorpore des matériaux hors de l’ordinaire. L’artiste est obligé de répondre aux problèmes simples avec des solutions créatrices.

La troisième œuvre à être exposée réunit des éléments graphiques, le dessin des coffrets, ainsi qu’un matériel gauchi. Une considération importante est l’essai de construction d’un cercle à partir de bois déjeté. Il s’agit, en ce cas du troisième ou quatrième essai d’obtenir un cercle de ce genre. Les autres essais ont jusqu’ici échoué. Un thème qui lui aussi réapparaît dans cette œuvre est l’emploi du bois d’une façon linéaire… en sorte, un exercice de dessin. Similarités de couleur et la peau de serpent/ gaufre font référence au contenu originel des boîtes.
- Déclaration d'artiste (Optica)