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Pierre Fournier
du 15 février 1986 au 15 mars 1986
Les machines sensibles

Insistant sur le caractère manipulable plus que sonore de ses pièces, Fournier cherche en fait à marquer le rôle de médiation qu'exerce tout objet entre l'homme et le réel extérieur. L'objet culturel ou artistique condense en effet un savoir, de type mythique ou rationaliste. Il investit de ce fait celui qui le manipule ou le crée d'un pouvoir dont est dépossédé le non-initié. « Prothèse-objet » ou « prothèse-machine », pour reprendre les termes de Fournier, l'objet contemporain combine paradoxalement des valeurs mythiques aux valeurs de la rationalité technologique. Polarisation qui trouve son assise, selon Fournier, dans la constitution même de notre cerveau, partagé entre l'instinct et le rationnel, entre l'hypotalamus et le cortex.

C'est essentiellement ce rapport à l'objet que les pièces manipulables de Fournier mettent en oeuvre. Le propos est tout d'abord énoncé, en quelque sorte, par une série de 12 photos en noire et blanc établissant, sur un mode onirique et impressionniste, les rapports entre la machine, le cerveau et un masque-machine. Rappelons que les précédents travaux de Pierre Fournier s'étaient surtout attachés à l'objet-masque.

Certains masques, fixes, feront d'ailleurs partie de l'ensemble de 5 «machines sensibles» présentées au public durant l'exposition. Construites en latex noire et en aluminium, chacune de ces «machines» comporte une cellule photo-sensible qui, à partir du geste du spectateur ou de sa chaleur, déclenche un mécanisme la plupart du temps sonore. Ainsi par exemple, est-on invité à entrer dans un des masques fixes et à lire un texte d'Edgard Morin sur l'esthétique; le résultat obtenue n'est toutefois pas l'amplification ou l'enregistrement de notre voix mais le déclenchement de la lecture d'une autre texte de Morin, portant cette fois sur la pensée rationaliste occidentale. Nos gestes premiers génèrent ainsi un effet second qui dépasse largement l'intention initiale. Dans le même ordre d'idées, la pièce majeure de l'exposition est une large installation avec marteaux et cordes de piano dont les répercussions, retransmises sur des haut-parleurs à très basse fréquence, créent des sons très proches des mantras méditatifs des civilisations orientales. Au contexte initial, se confronte alors un univers culturel radicalement différent.

Je vous rappelle en terminant que vous pourrez assister, le vendredi 14 mars à 20h30, à une performance de masques électro-magnétiques, exécutée par les musiciens Jean Derome, Robert Lepage et René Lussier. Ces masques conservent certaines propriétés d'instruments traditionnels (cordes de guitare et de piano, qu'on peut frotter, pincer, gratter ou frapper) mais trouvent surtout une large extension de leurs sonorités par l'amplification électronique.
- Communiqué de presse (Optica)

Bibliographie
Daigneault, Gilles, «Exposition», Le Devoir, samedi 1er mars 1986 p, 28