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Fonds documentaire OPTICA (Service des archives de l'Université Concordia)

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Carol Wainio, View from the exhibition "City Detour", 1986.

Vicky Marshall, Medrie MacPhee, Carol Wainio, Shirley Wiitasalo
du 26 avril 1986 au 24 mai 1986
City Detour

Les oeuvres de Carol Winio émergent de la rencontre de systèmes picturaux reflétant d'autres systèmes, de types sociaux, artistiques, politiques ou historiques. Un dialogue entre histoire et Histoire, entre espace public et espace privé, entre nature et culture, entre conscient et inconscient, est tissé par un chassé-croisé de tensions judicieusement maintenues en équilibre. Wainio ne propose ni solutions ni vérités; elle révèle plutôt l'invalidité des distinctions instituées entre systèmes, elle frustre l'autorité de l'un ou de l'autre et examine le lieu où ils se mêlent.

"Structures of memory", 1986, démontre la préoccupation plus marquée de Wainio pour la surface comme lieu de rencontre ou de confrontation. Les tensions spatiales qu'elle crée entre les divers lieux et les diverses formes picturales sont rendues palpables par une manipulation complexe et sensible de la matière. La figure, qui se trouve en plein centre de l'oeuvre, est le lieu d'une transition, autant physique que métaphorique, entre deux mondes discordants. Un amoncellement de formes grises et brunes (représentation de rebuts de machines et d'échafaudages métalliques charriés pas un bulldozer) représente la destruction d'un monde construit sur des structures dépassées. Tandis que le microphone, tenu par la figure centrale, renvoie, lui, à une société médiatisée et informatisée. Il est paradoxalement réalisé en acrylique transparent; matérialité distincte qui lui confère une nette prédominance dans la surface picturale, renforcée par la présence de son fil traversant la partie droite. Sur la gauche de l'oeuvre, les trois petits personnages sont liés de bouche à bouche par des traits qui évoquent autant des conversations que des gratte-ciels lesquels nous rappellent la provenance des rebuts. En positionnant la figure au milieu de toutes ces tensions spatiales, Wianio souligne la responsabilité ainsi que l'impuissance de l'être humain face à un monde en transformation. L'oeuvre de Wainio met en scène une rencontre de forces et structures opposées similaires à celles de la réalité dans laquelle elle s'inscrit.

Les peintures de Shirley Wiitasalo s'articulent autour du désir: un désir non-comblé, un désir non-comblable. Elle présente une vision fragmentée du monde, interrogeant entre autres le rôle du cadre à l'intérieur d'une peinture et le fonctionnement de l'inconscient dans la lecture d'une oeuvre d'art. Wiitasalo évalue et déconstruit l'essence consommatrice e notre société et soulève la dichotomie qui existe entre nature et culture. La dialectique crée par la confrontation d'une peinture remarquablement belle (aux couleurs somptueuses et à la surface séduisante et d'un sens critique explicite est particulièrement dynamique. Wiitasalo frustre le désir matériel que ses peintures encouragent en l'opposant à une image lucide des malaises de notre société.

Le paysage occupe une position centrale dans son oeuvre; au sens où Peggy Gale l'appréhende: "landscape is a form rather than a place" («le paysage est davantage une forme qu'un lieu») (C Magazine no. 7) "Untitled", de 1985, avec sa forme iconique su cactus superposé sur un ciel techni color rappelle autant les peintures d'images de télévision ("Interior", 1981) que les dessins faits au pochoir et à la peinture au pistolet ("She Sees", 1979). Ses images ne sont pas nécessairement autobiographique mais sont généralement issues d'une expérience précise: un voyage dans le sud-ouest américain, la tentative d'assassinat de Ronald Reagan. Cet ancrage dans la réalité est contrarié par le statut emblématique conféré à chaque élément. La compression de réalités distinctes et d'échelles diverses semble relever du fonctionnement du rêve et permet à Wiitasalo de souligner l'intégralité de l'espace pictural tout en présentant une lecture symbolique et sémiotique du monde phénoménal.
- Communiqué de presse (Optica)

Bibliographie
Daigneault, Gilles, « Expositions » in Le Devoir, Samedi 17 mai 1986, page c-11.
Dumont, Jean, « Un printemps qui s'installe », Montréal ce Mois-ci, mai 1986, pages 24-26.
Reinblatt, Melanie, "Optica's new Women", Montreal Mirror, May 1986, vol. 1, # 17, p. 18.