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Wilmar Koenig
du 14 octobre 1989 au 12 novembre 1989
Le bestiaire

Le plus incompréhensible dans l’univers, c’est qu’on puisse le comprendre. Comment sommes nous parvenus, rien qu’en ramassant des faisceaux électromagnétiques, à une telle compréhension de l’univers?
- Albert Einstein

Avec sa caméra, Wilmar Koenig a consigné des échantillons particuliers de lumière ambiante, et ce faisant nous a révélé une multitude de messages superposés.

Le léger tremblement l’appareil dans la main ou le cadrage d’espaces déjà restreints sont les réglages d’une vue d’ensemble de la relation que l’être humain a choisi d’entretenir avec le royaume des animaux. Le portrait statistique de ceux-ci, qu’ils soient empaillés ou encagés, met un poids sur notre conscience sociale.

Ici, en animant les yeux de verre de certaines de ces animaux, produisant ainsi l’une des grandes illusions de la vie, la lumière nous confronte. Alors ému, on réalise que les configurations reconstruites des matériaux cutanés et la paille nous amènent à lire encore plus superficiellement le caractère ou la réalité intime des animaux.

Qu’il s’agisse du singe qui se balance dans l’air décoloré au bout d’une branche desséchée et cassante, ou du marabout aux ailes rognés qui semble fiché dans le sol, le message est le même : l’Occidental a l’admirable faculté de garder toute nature à un bras de distance.

Chacune des onze photographies suspendues occupe en espace tridimensionnel. Elles ne sont pas des fenêtres postmodernes donnant sur le monde, mais des monuments silencieux, dépouillés au point d’ignorer l’antique rituel égyptien de l’embaumement, lequel préserverait encore l’âme des animaux.

Le silence de ces derniers appelle notre conscience, révélant davantage notre propre nature que la leur. Même le chat privilégié, dans le style du Night Café d’Edward Hopper, dévisage l’espace. Mais au moins les grillages métalliques, métaphore de la cage, nous protègent un peu contre la vérité qui nous concerne, et dont ces images nous éclaboussent.
- Yvonne Lammerich, octobre 1989 (traduit de l’anglais par André Paul)
- Communiqué de presse (Optica)

Wilmar Koenig travaille et vit à Berlin. Il a exposé ses œuvres en Europe et en Amérique du Nord.

Bibliographie
Auteur inconnu, « Koenig/ La beauté empaillée », ETC, hiver 1989, no. 10, p. 30-31.
Gravel, Claire, « Les pièges de la modernité », Le Devoir, samedi 28 octobre 1989. C-11.