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Adad Hannah
du 5 novembre 2004 au 11 décembre 2004
Room 112

«Une vedette donne une entrevue, un couple se dispute, un musicien est interviewé et par la suite il plaque sa petite amie, une assistante poudre la star, un baby-sitter envoie des messages instantanés sur son portable pendant que les enfants qu’il garde s’amusent à des jeux vidéo – et alors que tous ces gens demeurent immobiles, la salle 112 pivote doucement.»
- AH

«Room 112» commence avec la formule conventionnelle de l’entrevue avec une vedette, c’est-à-dire des prises de vue successives de l’interviewer et de l’interviewé; puis la formule prend de l’expansion et se désintègre au fur et à mesure que l’œuvre avance. La chambre d’hôtel peut servir de décor à toutes sortes d’événements. Ce n’est donc pas étonnant que les studios de cinéma la choisissent pour y offrir des entrevues avec leurs vedettes, puisque ce n’est que dans un pareil «non-lieu» que la personnalité de la télévision montréalaise Mosé Persico (l’hôte de l’émission «Entertainment Spotlight», présentée sur les ondes de CFCF est qualifié sur plusieurs sites Web de «flagorneur accro vivant aux crochets des médias») peut se trouver assis dans la même pièce que Tom Cruise et sembler s’entretenir avec lui. Qu’ils soient ou non au même endroit, ou qu’ils soient réunis au montage à l’aide d’un EPK (Electronic Press Kit) distribué par le studio, est sans importance. Chacun joue un rôle qui lui a été assigné dans une représentation connue sous le nom d’entrevue avec une vedette.

«Room 112» prend la formule de l’entrevue avec une vedette et la combine au couple qui se dispute, autre cliché connu, pour créer quatre «stills» qui passent d’un duo «correct» à un autre «incorrect», montrant tantôt ce qui est prévisible, tantôt l’imprévisible et l’incompatible. Durant cette scission de cellules/scènes stéréotypées, les cellules se divisent à répétition. Il en résulte un cycle vidéo qui imite, fracture et complique les formes génériques d’un médium extrêmement envahissant : la télévision. Des bribes de récit sont offertes dans une séquence puis niées dans la scène suivante. Bien que la pièce avec ses murs rouges, son divan rayé et ses moulures blanches crée une entité claustrophobe, toute tentative de réunir les scènes séparées en un récit cohérent ne génère que de la frustration.

S’inspirant également de l’apparition occasionnelle d’un éclairagiste ou d’un producteur avant que ne commence l’entrevue avec une vedette (un nouvel ajout postmoderne au lexique télévisuel visant à nous montrer les vedettes sous leur «vrai jour»), cette œuvre montre aussi de façon délibérée le cameraman et le preneur de son qui, bien entendu, n’enregistrent rien. Tout comme l’ajout récent de séquences prises «en coulisses» que l’on voit de plus en plus à la télévision commerciale, cette inclusion ne révèle rien du processus de production, mais constitue plutôt une couche supplémentaire d’artifice.