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Fonds documentaire OPTICA (Service des archives de l'Université Concordia)

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Suzanne Caines
du 9 mai 2009 au 13 juin 2009
Split Pea Soup

Dans ses vidéos, Suzanne Caines rend compte de la difficulté d’habiter l’espace public, partage son ennui, ses échecs, et questionne les limites d’un art relationnel. Elle crée des situations qui abordent certaines conventions sociales qu’elle cherche à déstabiliser en engageant la conversation. Ses actions, très simples, soulèvent plusieurs questions sur le rôle de l’artiste dans sa communauté et sur les attentes du public.

Les objets qu’elle utilise lui servent à interagir avec les gens, à s’immiscer dans leur quotidien. Souvent, ils suggèrent un héritage culturel et sont dépositaires d’une mémoire, d’habitus qui reflètent la manière d’être d’un groupe social. Dans Split Pea Soup, 2007, vidéo qu’elle a réalisée lors d’une résidence au Portugal, Caines partage le comptoir d’une épicerie avec la caissière et entreprend de servir, sans succès, de la soupe aux pois aux clients.

Dans sa démarche, l’artiste vise à créer des situations qui ne sont pas coupées de la réalité. Alors que, dans les années 1960, «la réalité devient une préoccupation première, avec, pour conséquence, une refonte du «monde de l’art», de la galerie au musée, du marché au concept de l’art lui-même» (1), il apparaît que ce questionnement fasse désormais partie de nos acquis. Les manifestations artistiques dans l’espace public ne font plus figure d’exception et ne sont pas, non plus, investies d’un mandat révolutionnaire. L’art d’intervention et de participation a cependant à trouver sa voie parmi les manifestations culturelles axées sur le spectacle, qui ne permettent pas au public de revoir ses attentes et de côtoyer d’autres formes de diffusion et de recherche.

En galerie, la répétition de la scène filmée, alternant sur deux écrans, ajoute à la défaillance de la communication, à l’isolement du sujet. L’on se retrouve devant un document qui peine à rétablir un lien avec le public. Il reste que Caines inscrit le spectateur dans l’espace au sein duquel se fait la rencontre, spectateur pour qui la situation tout entière devient l’œuvre. Et cela, Caines le réussit très bien. - Marie-Josée Lafortune

(1) Paul Ardenne, Un art contextuel, Paris, Flammarion, 2004.

Suzanne Caines a réalisé ce projet dans le cadre de la Nodar Residency; elle tient à remercier Monsieur Luìs Costa pour son soutien.

Suzanne Caines a terminé en 2004 une maîtrise en arts au Chelsea College of Art and Design, à Londres. Sa pratique a fait l’objet d’expositions individuelles et collectives au Canada, aux États-Unis et en Europe. Elle a participé à plusieurs festivals de performance, d’art vidéo et à des résidences internationales.