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Gabor Szilasi
du 16 janvier 2010 au 20 février 2010
Portraits au Polaroid

Commissaire : Marie-Josée Lafortune

En 1974, Gabor Szilasi débute une série de portraits sur pellicule Polaroid, un projet qu’il poursuivra jusqu’en 2002. Ce corpus d’images – qui a rarement été montré et n’a jamais été imprimé dans sa totalité – réunit un ensemble de portraits intimistes pris en plans rapprochés et mettant principalement en scène des femmes, des membres de sa famille, des amis photographes et artistes. Pour cette exposition, OPTICA a commandé à l’artiste l’impression de quinze œuvres, dont plusieurs inédites, dans une édition limitée (3/3).

La série se subdivise en deux séquences, définies selon le film choisi : les premiers portraits sont fixés sur pellicule Polaroid type 105 (dite 665 à compter de 1977) que l’artiste utilise jusqu’en 1988, alors que ceux de la seconde période, amorcée en 1989, le sont sur Polaroid type 55. Ici, l’attention est portée sur la frontalité des regards qui engagent le spectateur. Contrairement aux photographies de la série du Québec rural des années 1970, nous sommes davantage en présence de portraits à teneur psychologique.

En effet, la composition suit certaines lignes graphiques dessinées par la lumière naturelle qui baigne et sculpte les visages. Le photographe use également d’une courte profondeur de champ, isolant le sujet de son environnement. L’emploi de la chambre 4 x 5 rend les détails plus précis, or l’artiste accentue les flous plutôt que de tendre à un réalisme.

Ainsi, alors que certaines images sont contrastées, d’autres ont une facture romantique, à l’instar du portrait de Doreen Lindsay, Westmount (décembre 1989), qui remémore les photographies de l’époque victorienne, notamment celles de Julia Margaret Cameron. Quelques épreuves issues de la première série – comme celles de Rafael Bendahan, Montréal (1977) et du père de l’artiste, Sándor Szilasi, Montréal (1977) – s’inspirent plutôt de la photo d'identité, plus archétypale.

Contrairement à la croyance populaire qui associe systématiquement le Polaroid à une culture visuelle de l’instantané, Szilasi réalise ses portraits dans la tradition du studio, où l’usage de la chambre 4 x 5 freine cette prétendue spontanéité. Par ailleurs, la pellicule Polaroid en format «pack» indépendant (comprenant le négatif et le positif) lui permet de remettre une épreuve au sujet et de procéder à certains changements avant de saisir l’image finale. La participation active de l’individu à son portrait est une composante déterminante du processus de Szilasi, qui rappelle ainsi la pratique d’autres portraitistes tel David Octavius Hill (1802-1870), de même que les «portraits assistés» de August Sander (1876-1964) ou les «portraits documents» de Walker Evans (1903-1975).

Sans vouloir établir une relation directe entre ces travaux et la présente série des portraits au Polaroid, force est de constater une méthodologie à l’œuvre qui, tout en distinguant la pratique de Szilasi, l’enchâsse dans une histoire, tant le sujet se construit en écho avec cette tradition.
- Marie-Josée Lafortune

Profondément humaniste, l’importance de l’œuvre de Gabor Szilasi est indéniable dans l’histoire de la photographie contemporaine canadienne. Né à Budapest (1928), il a capté les mutations de la société québécoise et hongroise des années cinquante à nos jours. Il a également influencé toute une génération de photographes par le biais de son enseignement. Lauréat du prix Paul-Émile-Borduas 2009, Szilasi est considéré comme un pionnier de la photographie sociale documentaire au Québec. Ses œuvres font partie de bon nombre de collections au Canada et en Europe. Il est représenté par la galerie art45 à Montréal.

L’artiste remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec de son appui, ainsi que Michael Flomen.