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Fonds documentaire OPTICA (Service des archives de l'Université Concordia)

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Diane Landry
du 13 mars 2010 au 17 avril 2010
Chevalier de la résignation infinie

Diane Landry fait de l’expérience l’un des motifs de sa pratique, un mode d’appréhension du monde intuitivement perçu dans son rapport à l’objet et au temps. Artiste multidisciplinaire oeuvrant en performance, elle crée des univers cinétiques à partir d’objets usuels dont elle cherche à détourner le sens et l’usage primaires, à recycler la vocation et la valeur, visant ultimement à modifier la mémoire émotionnelle liée à leur reconnaissance. Qu’il soit automatisé ou fixe, le corps en performance sert d’unité de mesure pour étudier le temps marqué par le mouvement, matériau ensuite repris sous forme archétypale dans les installations.

En galerie, de grandes roues lumineuses constituées de bouteilles de plastique et contenant du sable font des révolutions dans l’espace, transformé en Luna Park. Leur cycle fait se succéder des zones d’ombre et de lumière, allusion au passage du temps, à l’alternance du jour et de la nuit. L’installation Chevalier de la résignation infinie (2009), conçue lors d’une résidence à l’Oeil de Poisson à Québec, fait écho de façon troublante à la performance L’imperméable, présentée au Mois multi de la même année : suspendue et fixée à une structure motorisée, Landry pivote à partir d’un axe et devient un réel sablier humain. Bien que ces œuvres soient indépendantes, il est difficile de ne pas les penser, corollaire oblige, en une suite séquentielle qui nous permet de vérifier l’apport de la performance comme matériau «source» au sein de la pratique perceptuelle de Landry.

L’intérêt pour les surfaces animées – une archéologie de l’image propre au cinématographe – informe la mise en exposition, notamment avec les ombres projetées qui participent au «merveilleux». Par ailleurs, Landry poursuit son investigation du quotidien avec Jongler (2009), une animation-performance-vidéo où l’artiste apparaît en silhouette face à une fenêtre. À chaque minute pendant vingt-quatre heures, une photographie est prise, documentant la pose. Les images fixes sont ensuite animées de façon à condenser le temps, restituant l’expérience dans un mouvement saccadé. La vitesse de projection reprend celle d’un film muet (16 images/sec), où Landry complexifie notre rapport à l’image en y introduisant des objets qu’elle déplace tout en donnant l’impression de rester immobile. De la performance, vous disait-on …
- Marie-Josée Lafortune

Une exposition à ne pas manquer d'après Nicolas Mavrikakis («Renouveau hivernal», Voir, 14 janvier 2010) et Jérôme Delgado («Arts visuels - Entre les murs des galeries», Le Devoir, 16 janvier 2010)!


Chevalier de la résignation infinie & Ce qui part au lavage       DVD
      Chevalier de la résignation infinie & Ce qui part au lavage
      Essais par Alison Syme

      Distribution :
      L’Œil de Poisson
      Vacuohm
      Livret 28 pages avec photos couleurs
      DVD
      Vidéo ntsc ~ 45 min
      5 installations & 3 performances 2008-2009
      extra : 2 entrevues et documentation technique sur la performance l’Imperméable.
      ISBN 978-2-9803525-9-1


« Il y a 237 bouteilles ici, dont le contenu liquide remplirait apparemment une baignoire, c’est tout. Le manque de vision dans la gestion humaine des ressources naturelles est cruellement mis en évidence ici par l’évocation du temps cosmique, en comparaison duquel l’existence humaine, voire celle de l’espèce, semble tout simplement sans importance. Et il y a quelque chose de terrifiant dans cet assemblage, si froid et serein, si imperturbable en notre présence. »
- Alison Syme

Ce livret accompagne l’exposition Chevalier de la résignation infinie, un projet créé par Diane Landry dans le cadre d’une commande de l´Œil de Poisson et financé par le Conseil des Arts du Canada. L’exposition fut présentée une première fois à Québec du 11 septembre au 18 octobre 2009.

Diane Landry vit et travaille à Québec. Récipiendaire de nombreux prix et distinctions, elle a exposé et participé à des résidences dans plusieurs villes d’Amérique, d’Europe et d’Asie. Sa pratique a fait l’objet de publications et en 2009, le Musée d’art de Joliette organise la première rétrospective lui étant consacrée. La galerie Solway Jones à Los Angeles la représente.

Bibliographie
Charron, Marie-Ève, «Roues égrenant le temps», Le Devoir, 20-21 mars 2010, p.E7.