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Stéphane Gilot
du 8 mai 2010 au 12 juin 2010
La cité performative

Depuis 2001, Stéphane Gilot s’emploie à redéfinir notre relation à l’espace à l’aide de constructions hybrides, lieux imaginaires au sein desquels le public est invité à participer à un véritable inventaire de situations. Désignés par l’appellation «plans d’évasions», ces dispositifs constituent des «mondes-modèles», un ensemble d’unités autonomes qui prennent part à l’édification de la cité performative, un projet en constante évolution. La représentation de ces structures – dessins, maquettes, habitacles et composantes vidéos – trahit un intérêt marqué pour l’organisation sociale des villes, nos habitus et comportements, ainsi qu’une anthropologie renouvelée de l’habitat. Proposant une synthèse de ces environnements, Gilot agit cette fois comme commissaire : il actualise les «mondes-modèles», y ajoute de nouveaux quartiers et pose un regard réflexif tant sur le processus en soi que sur les relations d’auteur et d’autorité entretenues avec ceux et celles qui sont appelés à habiter la cité.

Rediffusée en vidéo, la capacité (ou non) à vivre ensemble des participants met à nu les imperfections d’une (sur)modernité perçue comme un spectacle vivant. Bien que la dimension ludique soit pleinement investie, elle illustre de façon probante la virtualisation effrénée d’un monde où l’accès et la vitesse de transmission des informations donne l’impression de parcourir l’univers tout en restant immobile (ce que rappelle le rapport entre espace d’exposition et espace urbain). «L'époque actuelle serait peut-être plutôt l'époque de l'espace», affirmait Michel Foucault dès 1967. «Nous sommes à l'époque du simultané, […] de la juxtaposition, […] du proche et du lointain, du côte-à-côte, du dispersé. […Le] monde s'éprouve moins […] comme une grande vie qui se développerait à travers le temps que comme un réseau qui relie des points et qui entrecroise son écheveau.»

Ces zones intermédiaires articulant unicité et pluralité des mondes sont bien présentes dans la cité performative. Par ailleurs, cette perception rejoint le concept d’hétérotopie développé par le philosophe français, cette idée de «lieu sans lieu» qui «[…] juxtapose en un lieu réel […] plusieurs emplacements qui sont en eux-mêmes incompatibles»2. Faisant habilement écho à cet enchevêtrement des espaces – tel qu’expérimenté au théâtre par exemple –, Gilot prend acte et réunit dans une même œuvre différents lieux utopiques qui agissent alors comme interfaces entre réalité et fiction, renversant nos relations avec le réel et l’imaginaire tout en nous plaçant en situation de reconnaître et de croire à leur fonctionnalité dans l’organisation de la cité.
- Marie-Josée Lafortune

1 Michel Foucault, «Dits et écrits 1984 , Des espaces autres (conférence au Cercle d'études architecturales, 14 mars 1967)», in Architecture, Mouvement, Continuité, no. 5, octobre 1984, pp. 46-49.
2 Ibid, p.46

Stéphane Gilot remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec ainsi que Frédéric Lavoie, les habitants de la cité performative – Anne Bérubé, Caroline Boileau, Belinda Campbell, Caroline Dubois, Rachel Echenberg, Mathieu Latulippe, François Morelli, Alisha Piercy, Victoria Stanton, Sylvie Tourangeau et Emma Waltraud Howes.

Une aide supplémentaire d’Optica a permis la réalisation de cette première présentation-synthèse de la cité performative.

Un artiste à surveiller en 2010 : «Arts visuels - Entre les murs des galeries» (Jérôme Delgado, Le Devoir, 16 janvier 2010).

«La cité performative» fait l'objet d'un article par Jérôme Delgado («Cités de demain, cités d'aujourd'hui» (Le Devoir, 22-23 mai 2010.)

«La cité performative» est brièvement mentionnée dans un nouvel article de Jérôme Delgado «Un monstre aux multiples têtes» (Le Devoir, 1-2 septembre 2012.)

Originaire de Belgique, Stéphane Gilot vit et travaille à Montréal depuis 1996. Sa cité performative comprend, en tout ou en partie, les «mondes-modèles» présentés à :
Jeu vidéo – vitrine, UQÀM, Montréal (2004), Jeu vidéo – monde 1, Paul Petro Contemporary Art, Toronto (2005), Centre Oboro, Montréal (2006), Jeu vidéo – monde 2, Transmediale 06, Berlin (2006), Centre Cinéplastique, Pierre-François Ouellette art contemporain, Montréal (2006), Cineplastic Station, Paul Petro Contemporary Art, Toronto (2007), Cineplastic Station 2, Galerie F. Desimpel, Bruxelles (2007),Cineplastic Center 2, Salvaging Utopia, Truck Gallery, Calgary (2007), Hurricane Building, Vowles Building, Flux Gallery, New York (2007), Cineplastic Campus, Blackwood Gallery, Mississauga (2008).


Bibliographie
Delgado, Jérôme, «Cités de demain, cités d'aujourd'hui», Le Devoir, 22-23 mai 2010, p.E7.
«Portfolios: Stéphane Gilot», Esse, arts + opinions, automne 2010, no.70, p.55.