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Sarah Greig
du 11 septembre 2010 au 16 octobre 2010
More Different Than Same (de la série «Complete Squares Made From the Same Seven Pieces»)

Le temps et la lumière sont les composantes principales des séries photographiques de Sarah Greig. Rendre perceptible le processus au sein même de l’image photographique est une constance dans sa pratique – pensons à l’importance qu’accordait Robert Ryman au support et à la lumière, référant à la matérialité de la peinture. Ses œuvres abstraites et minimales explorent les modèles de la perception et transposent dans le champ de la photographie les propriétés du dessin.

Comme son titre peut le laisser présager, More Different than Same (de la série «Complete Squares Made From the Same Seven Pieces») (2003, 2010) désigne un ensemble de variantes qui aboutissent à une même composition. D’une image à l’autre, alors que la configuration reste identique, la surface change : il s’agit de reconstituer un carré à partir de figures géométriques semblables, agencées différemment. L’on saisit éventuellement que les figures en aplat sont en fait des volumes et que la lumière remplace la ligne, dessine les plans et accentue les ombres portées.

Voilà qui nous renseigne sur le statut de l’image, au même titre que la multiplicité de manipulations et de déplacements qui forment le carré. Ce travail explore autant l’idée de plénitude qu’il ne renvoie à nulle chose – ni tout, ni rien – résumant ainsi l’impossibilité d’enregistrer dans sa totalité un sujet qui n’est jamais complet, qui n’a pas de fin, sinon celle que lui donne l’artiste comme œuvre. L’on comprend que le geste répété de (re)composer l’image s’expose comme document et processus.

Par ailleurs, dans une autre série en cours intitulée Light Shifting on an Object (2010 -), Greig parle en ces termes (process objects) pour décrire un dispositif perceptuel similaire, où l’image est toutefois réalisée sans caméra, à partir de papiers exposés à la lumière. De petites flèches au crayon indiquent l’emplacement et l’angle d’élévation d’un objet, soit du matériel d’encadrement érigé en structure éphémère. Ces marques de registre suggèrent une longue exposition, suite à laquelle on peut distinguer les plans formés par les subtiles variations de lumière sur la surface du papier. Le processus dans le temps est la seule référence de l’existence de l’œuvre, une dématérialisation propre aux pratiques conceptuelles que Greig rend visible comme expérience pour le spectateur.
- Marie-Josée Lafortune

«Ces images ont été conçues à travers un processus, chacune d’entre elles demeurant en cours, constituant un arrêt au sein d’un système en réarrangement perpétuel. Pour les fins de cette exposition, deux arrêts sont disposés côte à côte. Ceux-ci sont à la fois pareils et différents, et équivalents, tout comme deux individus ayant une compréhension différente d’une même chose. Ce sont des notations simples, francs documents sans affect ni manipulation. Ils ne décrivent ni imaginent autre chose, un espace inventé ou construit; ils ne décrivent qu’eux-mêmes. Rien n’est caché, tout est dévoilé; un état de choses qui donne à la division volumétrique des plans aplatis un allure impossible à premier abord, mais tout à fait plausible après coup.

Je considère ces images comme étant des «objects processus». Une perception axée uniquement sur l’image ne tient pas compte de l’espaces créé entre les images, là où se situe le « et »où l’œuvre est située : entre image, processus et idée. Ces images, tout comme une multitude d’aspects – motif, convention, structure – ne peuvent être perçues en isolement. Ici, comme est souvent le cas, les éléments constitutifs sont familiers, ou différents à un point tel où il devient difficile de percevoir l’ensemble, où les réapparitions sont difficiles à repérer.»

- sg
Traduction Marc Couroux

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