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© Hyang Cho, Trial II, 2012. Crayon graphite sur rouleau de papier | Graphite pencil on paper roll. 128,27 x 1 188 cm. Avec l'aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist.

Hyang Cho
du 16 mars 2013 au 20 avril 2013
Procès

La pratique conceptuelle de Hyang Cho porte essentiellement sur le langage, qu’elle rend performatif : « Je l’emploie comme matière première pour remettre en question les contradictions propres à divers systèmes de la société dans laquelle je vis aujourd’hui, de ma position ‘d’observatrice en marge’. » L’artiste élabore des protocoles de travail rigoureux et s’assigne l’exercice de retranscrire les œuvres majeures de philosophes (Baruch Spinoza dans The Rest is Silence, 2011), de musiciens (Johann Sebastian Bach dans Three Variations of Two Part Inventions, 2009) et d’écrivains (Mary Shelly dans Frankenstein, 2009). Ne partageant ni leur discipline de prédilection, ni leur langue maternelle, elle interroge notamment la notion d’autorité. Procès dévoile un nouveau corpus intimement lié au roman Der Process (1925) de Franz Kafka.

Dans Trial I, Cho reproduit le plus fidèlement possible – ratures et taches d’encres comprises – 26 pages tirées du manuscrit original en allemand, conservé au Literaturmuseum der Moderne (Marbach am Neckar, Allemagne). Issus du neuvième chapitre intitulé « Im Dom » (À la cathédrale), les extraits disponibles sur Internet ont été téléchargés, imprimés, puis méticuleusement tracés à la mine de plomb en trois exemplaires (quasi) identiques. Classés en ordre anti-chronologique et intercalés de feuilles vierges, les ‘dessins’ obtenus sont compilés en trois livres non reliés, disposés côte à côte sur une tablette. Bien qu’une telle présentation rappelle certaines normes archivistiques et conventions muséales, le spectateur est autorisé à manipuler les objets exposés ici.

Trial II s’inscrit davantage dans le registre sculptural et sollicite le corps, tant dans son processus de création que de réception. Un rouleau de papier Stonehenge de 11 mètres de long, déposé sur un socle au ras du sol, témoigne d’une tentative de l’artiste de transcrire la version anglaise de l’ouvrage de Kafka, au rythme accéléré de l’écoute d’un livre audio – une activité inlassablement répétée jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace à remplir. Le texte qui en résulte, incomplet et pratiquement illisible, débouche sur une approche sémiotique de l’écriture : réduite à une surface recouverte de signes, l’œuvre renvoie à la matérialité graphique et aux limites de l’acte d’écrire. Somme toute, Cho révèle l’incapacité mutuelle de l’artiste et du spectateur à rendre intelligibles toutes les étapes d’une médiation, un travail sur le décalage original/copie/simulacre (Deleuze) et les multiples « pertes de la traduction(1) ».

1. Lost in translation, une expression intraduisible en soi.

Geneviève Bédard

L’artiste remercie le Conseil des arts de l’Ontario.

Après avoir complété un premier cycle en histoire à l’Université Sogang (Séoul, Corée du Sud, 1998), Hyang Cho entreprend des études en beaux-arts : elle détient un baccalauréat du Alberta College of Art and Design (2007) et une maîtrise de l’université de Guelph (2009). Bien que son travail ait été présenté dans quelques expositions individuelles et collectives à travers le Canada depuis 2006, Procès est son premier projet en sol québécois. Représentée par Georgia Scherman Projects (Toronto), Hyang Cho vit et travaille à Guelph, en Ontario.