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© Richard Deschênes, Les bêtes et le sexe, 2011. Collage sur papier journal | Collage on newsprint. 19 x 25 cm. Avec l'aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist. Photo : Guy L’heureux.

Richard Deschênes
du 11 mai 2013 au 15 juin 2013
De la piscine aux verts

Le travail de Richard Deschênes examine essentiellement les processus de (dé)formation, de reproduction et de perception de l’image. Il propose ce qu’il appelle librement des « modèles imaginaires » : ayant fréquemment recours à du matériel existant, tels des documents encyclopédiques et des clichés d’actualité qu’il s’approprie et replace dans de nouveaux contextes, l’artiste brouille systématiquement les repères visuels et cognitifs du spectateur. Sa pratique échappe à la certitude tant au niveau formel – empruntant à la peinture, au dessin et au collage – que thématique – oscillant entre scène de genre et paysage, figuratif et abstraction.

« De la piscine aux verts » comprend une quinzaine d’œuvres tirées d’une série entamée en 2009 et à laquelle fut consacrée une résidence à la Cité Internationale des arts de Paris en 2011. Construites à partir d’images trouvées issues de divers quotidiens, elles remettent en question la nature même de la photographie journalistique. Deschênes détourne sa fonction documentaire et « l’affranchit de ses chaînes référentielles »(1) en effaçant toute trace de l’action captée à l’origine, un procédé de soustraction de l’information par l’addition de minces couches de papier journal méticuleusement sélectionnées, tranchées, disposées et collées. Ce processus simultané de camouflage du sujet central et de dévoilement/création d’un arrière-plan qui investira désormais l’ensemble du cadre prend fin lors de l’épuisement de la matière première disponible, provenant de différentes copies de la même photographie. Or le procédé ne se révèle pas d’emblée – s’éloignant ainsi du collage traditionnel, où la manière est souvent manifeste – et seules les cicatrices à peine perceptibles de ses délicates interventions témoignent de la matérialité du geste de cet artiste-chirurgien du réel (en lieu du virtuel que manipulent bon nombre de ses contemporains).

Les images obtenues séduisent et déroutent : fragilité, absence, contemplation, silence… Elles nous semblent parfois familières, marquées d’une inquiétante étrangeté (Unheimlich). D’instinct, l’œil parcourt ces monochromes, paysages et « lieux psychologiques » – comme les désigne habilement Deschênes – à la recherche de ce sur quoi la lentille aurait fait sa mise au point, mais en vain. Certains indices de la trame originale persistent toutefois, tant au niveau de l’impression que de la narration : les figures disparues sont notamment évoquées au fil des titres des œuvres, qui reprennent les légendes des clichés de départ, insufflant une dimension poétique à ces notices descriptives dorénavant privées d’ancrages visuels.

Geneviève Bédard

(1) Bernard Schütze, « Images en transit », Richard Deschênes – Transfert, EXPRESSION, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, 2012.

L’artiste remercie le Conseil des arts du Canada.

Après un baccalauréat en arts visuels de l’Université Concordia (1985), Richard Deschênes a pousuivi ses études au Pratt Graphics Center à New York (1985-86). Récipiendaire de plusieurs bourses et résidences, il a présenté son travail dans de nombreuses expositions individuelles et collectives au Canada, au Mexique, en Chine, en Espagne, en Autriche, aux États-Unis, en France et au Japon. Richard Deschênes vit et travaille à Montréal.