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Fonds documentaire OPTICA (Service des archives de l'Université Concordia)

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image
© Mathieu Latulippe, La chute, 2013.
Impression jet d’encre | Inkjet print
48 x 68 cm
Avec l'aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist.

Mathieu Latulippe
du 17 mai 2014 au 28 juin 2014
Retour à Paradise Lost

On a tous rêvé, à un moment ou à un autre, d’avoir accès à un coin de Paradis. On n’est pas toujours conscient que l’on se réfère à une conception chrétienne du monde, mais c’est bien là la preuve que ce lieu fait maintenant partie de notre imaginaire collectif, au même titre par exemple que l’Arcadie des Grecs. Mais lorsqu’on y pense sérieusement, on parvient difficilement à une vision totalement positive de ce lieu idyllique, tant l’idée de la catastrophe et de la chute lui est intimement associée. Il s’agit là d’une des manifestations de notre difficulté à concevoir une utopie incarnée. Difficile aujourd’hui de croire que ce Paradis ne serait pas menacé par le progrès industriel, que ce soit sous la forme de la pollution ou de la contamination nucléaire. Mais notre véritable empêchement à imaginer positivement ce lieu de nos origines tient certainement à notre rapport ambigu à la nature. Si nous sommes enclins à croire que dans ce jardin la nature se montrerait bienveillante, féconde et nourricière, nous sommes aussi conscients qu’il s’agit d’un environnement sauvage, non domestiqué, camouflant des bêtes féroces prêtes à bondir pour nous anéantir.

Au fond, notre rêve le plus secret est probablement de pouvoir remettre les pieds dans ce Paradis, mais sous la forme d’un parc thématique, où tout est contrôlé. Mathieu Latulippe a eu l’excellente idée de nous convier à une telle excursion. Bien entendu, il ne s’agit pas d’une reconstitution du Paradis originel, mais bien du développement d’un paradis artificiel contemporain, dont l’apparence le rapproche à certains égards de notre imaginaire de la banlieue. À travers une série de scénettes, dans certaines desquelles la nature reprend ses droits et qui n’ont rien à envier aux images des films catastrophes, l’artiste nous donne la possibilité de vivre un succédané de l’expérience de l’incommensurabilité sidérante. Mais ce jardin des merveilles réhabilité dispose aussi d’une dimension affabulatoire qui nous enjoint de jouir, ne serait-ce que l’espace d’un instant, de notre innocence retrouvée, ce qui nous permettra peut être de nous affranchir collectivement de nos peurs millénaires.
Pierre Rannou

L’artiste remercie le Conseil des arts du Canada, Optica, art3, Atelier Clark, Guy Asselin, Hugo Bergeron, Simon Bilodeau, Pierre Durette, Madeleine Grondin, Jules Lassale, André Latulippe, Frédéric Lavoie, Pierre Rannou et Kerim Yildiz.

Revue de presse : «Du paradis perdu à la religion de l’art» de Pierre Rannou (Esse arts + opinions, 2015, no 83, pp.42-47), Visite d'atelier : Mathieu Latulippe «Retour à Paradise Lost» rédigé par Éloi Desjardins (Un show de mot'arts, 16 mai 2014), «Tout le monde veut aller au ciel, oui mais personne ne veut mourir» de Normand Babin (Montréalistement, 31 mai 2014) ainsi que «Paradise Lost : a coup de guano» de Claire Moeder (Ratsdeville, 13 juin 2014), Jérôme Delgado «Derrière le paradis, la chiante réalité» (Le Devoir, 8 juin 2014).

Mathieu Latulippe vit et travaille à Montréal. Il a exposé au Canada et à l’étranger, notamment au FIFA, à la Manif d’art 4 de Québec, au Centre de diffusion Clark, à la Fonderie Darling, à la Triennale 2011 du Musée d’art contemporain de Montréal et au Netwerk, centre d’art contemporain (Belgique).