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© Karilynn Ming Ho, Where Where There There, 2012. Image tirée d’une monobande, son, installation, 18 min 20 sec. | Single-channel video still, sound, installation, 18 min 20 sec. Avec l’aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist.

Karilynn Ming Ho
du 6 septembre 2014 au 18 octobre 2014
Love is Just a Four-Letter Word

*Vernissage :: samedi 6 septembre (15h)*
Oeuvrant principalement en installation vidéo, Karilynn Ming Ho observe la nature itérative de la performance et les éléments formels de sa construction grâce à une combinaison de textes trouvés, d’arrangements minimaux, de sons et de gestes issus de la culture d’élite et populaire. Par le biais d’actions fragmentées liées à des personnages divers, laissant indécis le récit et l'identité, elle élabore une relation complexe entre les acteurs et la caméra où tout sens de l’avant et de l’après se perd entre chacune des coupures réalisées au montage. Cette méthode crée de nombreuses pistes de lecture dont celle d’y percevoir le caractère essentiellement répétitif de la vie quotidienne. Basée sur la réitération des formes sémiotiques de production, issues des grammaires cinématographique, sociale, rituelle et théâtrale, la plupart des projets de Ming Ho examinent la façon dont ces processus de codification fonctionnent en tant que lieux de performativité.

Pour son dernier projet vidéographique, l’artiste fait écho aux comportements capitalistes à l’aide des représentations du désir et de la perte. Son oeuvre s’attarde à la façon dont la chanson d'amour et le montage reflètent la nature du marché ; hausse et chute continuelles, inflation et récession, tomber en amour et s'effondrer. Selon l'artiste, «le marché produit des corps désirants, capitalisant sur une économie d'émotions qui projette un « amour » insatiable, inaccessible et, finalement, une illusion ; un désir inassouvi qui nous maintient dans l’attente de vouloir davantage ».1 Pour Ming Ho, la performance et le capitalisme ont en commun un schéma répétitif, investi par une multiplicité de corps performants et d’objets dans la quête permanente du gain et la perception d’un manque sans fin, reconstitué par le langage, les gestes et les objets. En plus d’analyser cette dynamique, son travail aborde l'inséparabilité du corps et celle de son image. En effet, la culture de l’écran et Internet ont mis en place une plateforme génératrice pour l’artiste de scripts et d’espaces de performativité. Elle tire parti de l'afflux infini de photos et de vidéos téléversées quotidiennement qui exposent l'ubiquité du langage et des gestes au sein du climat culturel actuel. C'est par l’intermédiaire de l’imbrication du corps et de l'image que Ming Ho explore la façon dont l'écran nous a tous transformé en sujets performants.

1. Karilynn Ming Ho, Notes préparatoires, 2014.

Karina Irvine

Karina Irvine est une auteure et commissaire émergente de Vancouver (Colombie-Britannique). Elle termine actuellement sa maîtrise en histoire de l'art à l'Université York.

Traduction : Julie Alary Lavallée

Karilynn Ming Ho vit et travaille à Vancouver. Elle a obtenu un baccalauréat de l'Alberta College of Art and Design (2005) et une maîtrise en arts visuels de l'Université Simon Fraser (2010). Travaillant dans l’univers des émissions de téléréalité, ses projets artistiques ont été présentés à travers le Canada et à l'étranger dans le cadre d’expositions individuelles et collectives.