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Fonds documentaire OPTICA (Service des archives de l'Université Concordia)

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© Renata Poljak, Great Expectations, 2005. Vidéo, super 16mm, HD, couleur, 17min. | Video, super 16mm, HD, color, 17min. Avec l’aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist.

Renata Poljak
du 15 novembre 2014 au 20 décembre 2014
Great Expectations

*Vernissage samedi le 15 novembre à 15h*
Renata Poljak élabore essentiellement un travail sur la mémoire et l’identité, révélant comment les idéologies façonnent l’histoire individuelle et collective. Sa production articule son expérience personnelle au contexte social et conjugue documentaire et fiction autour des traumatismes des guerres de (l’ex-)Yougoslavie, ayant sévi de 1991 à 2001. Artiste multidisciplinaire, on la connaît surtout pour ses vidéos, un médium avec lequel elle entretient une affinité particulière depuis 1996 : « Bien que la notion de vidéo ne m’ait pas été familière auparavant, celle-ci a répondu à toutes mes attentes, comme si tous mes questionnements devinrent subitement clairs, n’attendant que cette forme pour s’articuler. » 1

OPTICA présente trois œuvres vidéos, dont "Great Expectations" (2005). Poljak y partage un récit familial polyphonique s’échelonnant sur trois générations patriarcales via son grand-père, « king’s father », son oncle, « the king – who taught me how to swim », et son cousin, « the king’s son ». Par le biais de cette narration — doublée de plans subjectifs des lieux ayant bercé son enfance — l’artiste remonte le fil du temps jusqu’à la République socialiste de Croatie des années 1960, traverse la montée du nationalisme et de l’économie de marché des années 1980, et aboutit aux tensions qui fermentent aujourd’hui dans les Balkans, lourd héritage d’une décennie de conflits armés dont profite l’extrême-droite. Cette violence sourde est évoquée tant dans ses manifestations physiques (une architecture dévastée par les ruines et l’urbanisme sauvage) que sonores (les crépitements d’un feu dont l’origine troublante sera éventuellement révélée).

C’est davantage autour de figures féminines que se concentrent "Jump" (2000) et "Things We Don’t Talk About" (2014), où Poljak semble poursuivre l’exploration d’une même tension. Celle-ci s’incarne dans le va-et-vient incessant et le leitmotiv stérile de la première vidéo, des éléments qui trouvent leur écho dans le silence inconfortable et le regard pesant (male gaze) de la seconde. Outre un propos fort assumé sur la condition féminine, l’artiste jette un regard sur les conséquences universelles d’un manque de résolution ou de communication en renvoyant à un malaise plus large, un doute et une vulnérabilité propres à la condition humaine. Or le corpus présenté en galerie échappe au défaitisme : la photographie et le récit constituant "Blue" (2010) nous laissent entrevoir que l’équilibre — bien qu’éphémère, comme toute chose — demeure possible.

1. Traduction libre. Déclaration tirée d’une conversation entre Renata Poljak et Branka Bencic dans le cadre de l’exposition "In Three Chapters", 2011. [En ligne : http://www.renatapoljak.com/Conversation.html, consulté le 21 octobre 2014.]

Geneviève Bédard

Geneviève Bédard est auteure, commissaire émergente et coordonnatrice des expositions et de la médiation à VOX, centre de l’image contemporaine.

Communiqué de presse (pdf)

Suite à sa formation à l’École des beaux-arts de Split (1997), en Croatie, Renata Poljak complète un post-diplôme à l’École régionale des beaux-arts de Nantes (1999) et participe à bon nombre de résidences internationales, notamment comme artiste invitée à la San Francisco Art Institute (2002). Son travail est présenté de par le monde, dont au Centre Georges Pompidou (2010) et au Palais de Tokyo (2012) à Paris, à la Stephan Stoyanov Gallery à New York (2013) et au Muzej suvremene umjetnosti de Zagreb (2013).