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Ian Carr-Harris
From January 13th 1994 to February 12th 1994
Installation Sculpture

"My work situates itself in the space we reserve for our recognition that the histories and structures which we use to give definition to identify are themsleves contingent and fluid, no less elusive than the identities we seek to secure. Through shifts of emphasis, rather than through manipulation of image, the work seeks to disturb our field of knowledge while leaving it also apparently intact. Nothing has factually changed, nothing has been invented or promoted; it is simply that some insertion, perhaps a footnote or a repetition, maybe an archaicism, or just an object in a room, has complicated the linear flow of anticipated narrative – and we realize, with an atavistic pleasure, that we never are where we thought we were. It is precisely this experience, the experience of things as both "the same but different" that characterizes post-utopian desire, and establishes the work’s connection to contemporary discussions of meaning". Ian Carr-Harris

The second part of this document is only available in French :
L’abandon de la peinture et de la sculpture comme expression visuelle au profit d’un mode discursif aura marqué le début des années soixante. Les minimalistes, en déportant notre attention sur les « conditions variables de lumière et d’espace » (Morris) en fonction desquelles un volume est perçu, ont favorisé ce passage en accordant une plus grande importance à la syntaxe qu’à l’objet lui-même. On assiste alors à une forme de dématérialisation de l’objet d’art : les artistes s’appropriant un répertoire de signes tirés de la banalité quotidienne.

Avec ses premières sculptures, Ian Carr-Harris s’engageait dans cette controverse sur le rôle de l’œuvre d’art en questionnant les concepts traditionnels de visualité. Son travail se distinguera rapidement par le recours à une structure narrative. La mise en vue d’objets, d’accessoires, d’images fixes et animées, de meubles que l’artiste fabrique avec minutie et met en scène, nous confronte à une présence abstraite que Ian Carr-Harris veut le plus près possible de la réalité, de façon à nous faire prendre conscience de notre rapport au monde. La relation qu’il construit avec le visible sert alors d’écran à la représentation de modèles sociaux et politiques, qui façonnent notre existence et prédéterminent nos réactions. Ainsi la vue d’un magazine et d’un calendrier laissés sur la surface d’un bureau/ comptoir, apparemment abandonné au centre de la galerie, trahissent une présence humaine contenue dans cet espace, à la fois privé et public. Détournant les objets de leur fonction, Ian Carr-Harris cherche à produire essentiellement un signe visuel dans l’espace, qui est à la limite d’être perçu comme étant cet objet ou cette forme.

Cette mouvance et alternance dans la perception, intimement liés à l’acte de connaissance, font écho à une œuvre antérieure : Fred (1972). Le nom de cet homme inscrit sur une cloison de verre, chapeautant une table, renvoie à la fois à un univers bureaucratique et à l’anonymat d’une solitude. Dans les œuvres de Ian Carr-Harris, notre compréhension des choses dépend de cette mouvance, qui permet qu’une pure abstraction devienne palpable, tangible et visible en fonction de l’expérience de chacun.
Marie-Josée Lafortune

Dans le cadre du programme « l’Art qui parle », Ian Carr-Harris présentera son travail samedi, 15 janvier 1994 dans l’espace d’Optica, à compter de 15h. La présentation se fera en anglais et la discussion sera animée par Lynn Hughes.
- Press Release (Optica)

The artist's biograhy is available in French only :
Ian Carr-Harris a fait des études en histoire moderne à l’Université Queen de Toronto et en sculpture au Ontario College of Art. Jusqu’en 1991, il fut représenté par la galerie Carmen Lamanna et l’est maintenant, par la galerie Susan Hobbs de Toronto. L’on a pu remarquer son travail lors d’expositions d’envergure internationale dont la Biennale de Venise (1984) et la Documenta (1987). En 1988, le conservateur Philip Monk organise à la galerie d’art de l’Ontario une exposition solo, rétrospective de son travail des années soixante-dix (1971-1977). Collaborateur pour C Magazine, Parachute et Vanguard, jusqu’à la dissolution de la revue, Ian Carr-Harris est également reconnu sur le scène canadienne pour ses activités de critique. L’installation, qu’il présente dans l’espace d’Optica, est la première exposition solo de l’artiste à Montréal depuis 1981 à la galerie Yajima.