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Laurie Walker, Pavane pour une infante défunte (détail), 1997.

Laurie Walker
du 27 février 1999 au 3 avril 1999
Exposition solo

Dans son récent travail, Laurie Walker se livre à une investigation sur la mortalité, la transcendance et la notion d’âme, tout en continuant à explorer certains aspects de la transformation telle qu’elle se manifeste dans des domaines aussi variés que la science, la religion, la nature, l’alchimie et la mythologie. Ces thèmes ont surgi tout naturellement à partir de préoccupations plus générales qui ont toujours investies son travail, plus précisément la relation entre l’esprit et la matière, la nature et la culture, et la quête d’un sens pour l’être humain dans le monde naturel.

Les œuvres réunies en galerie mettent également en représentation cette fragilité de l’existence à travers l’idée de la collection et de l’index. Pavane pour une Infante défunte emprunte son titre à la célèbre composition musicale de Maurice Ravel. L’œuvre ressemble à un sarcophage en pierre pour enfant, accompagné d’un assortiment de papillons indigènes et exotiques servant de doublure à l’intérieur drapé de soie. Les riches couleurs des papillons créent un tombeau royal alors que leur pouvoir de métamorphose leur confère une forte charge symbolique. Ils sont toutefois présentés en tant que spécimens morts et fragiles, les épingles qui les tiennent en place dégageant un sentiment d’inconfort en rapport avec ce qui est souvent appelé notre «dernier lieu de repos».

Alors que des bulles de savon s’échappent silencieusement d’un tertre de pierres pour rejoindre un destin arbitraire, Pulvis et Umbra (Poussière et Ombre) traite de la frontière entre l’animé et l’inanimé. Le titre provient d’un essai de l’auteur écossais, Robert Louis Stevenson, dans lequel il s’interroge sur ce qui nous motive à continuer la lutte malgré des échecs décourageants. Il est à remarquer que chez Walker, les titres nous éclairent sur l'origine, la signification et la complexité de l'œuvre. Dans une autre oeuvre surplombée d’un halo fluorescent, la taille d'un enfant est aussi le point de référence, bien que le titre renvoie à un thème biblique. Jacob's Ladder (L’Échelle de Jacob) entremêle des notions sur l’esprit et sa relation au corps qui proviennent de l’orient et de l’occident. La ressemblance de la colonne vertébrale humaine avec l’échelle est reprise dans le motif à la feuille d’or qui est appliqué sur l’ossature; le récit biblique est ainsi réinterprété, le chemin vers la transcendance passant maintenant par le corps. L’image d’un serpent lové taillé dans l’échantillon de pierre à la base de la pièce suggérerait le mal dans le contexte d’une référence biblique, mais l’image prend un sens fort différent lors que considérée en rapport avec le Kundalini yoga des bouddhistes et des hindous. Kundalin signifie «lové» et renvoie à l’énergie spirituelle qui est représentée par un petit serpent femelle lové autour d’un lingam, organe mâle symbolique situé au bas du dos, du corps. L’objectif du yoga est d’éveiller le serpent femelle pour le faire monter le long de la colonne à travers sept étapes. Bien qu’il s’agisse d’un concept obscur, son image se rapproche étonnamment de l’interprétation que fait Walker de l'«Échelle de Jacob».

Laurie Walker remercie le Conseil des Arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec de même que Stéphane Le Tirant et Al Orr. L’artiste aimerait également faire remarquer que le présent travail n’a eu aucune incidence sur quelque population de papillons sauvages que ce soit. Le travail de Laurie Walker a fait l’objet de plusieurs expositions au Canada depuis qu’elle a complété une maîtrise en arts plastiques au Nova Scotia College of Art and Design en 1987. À Montréal, elle a exposé pendant plusieurs années à la Galerie Christiane Chassay et a eu une exposition au Musée d’art contemporain en 1994. Plus récemment, son travail faisait partie d’expositions consacrées à deux artistes au Agnes Etherington Art Centre à Kingston, au Macdonald Stewart Art Centre à Guelph, au Musée régional de Rimouski, et elle a participé à «New Science» à la Edmonton Art Gallery. Elle enseigne présentement à temps partiel à l’Université d’Ottawa et prépare une exposition qui se tiendra à Dortmund, en Allemagne, l’année prochaine.

Bibliographie
- Entrevue à la Société Radio-Canada, Émission «Midi Culture» de Gilles Daigneault, 8 mars 1999.
- Horne, Stephen, "The Collector",Canadian Art, Fall 1999, p. 114.

- Lamarche, Bernard, "Branchés en direct",Le Devoir, Saturday – Sunday 23 – 24 January 1999, p.B-13.

- Latendresse, Sylvain, "L’instant d’une éternité",Vie des arts, 176, Fall 1999, p. 73.

- Miller, Marcus, "Between a rock",Hour, March 18 – 24, 1999, p. 28.

-"Ste.Catherine West",Vie des arts, 174, Spring 1999, p. 82.