Jinny Yu, Rolodex, 2024.
Rolodex, circa 1980, provenant du Département d’arts visuels de l’Université d’Ottawa, où l’artiste travaille, 20 x 12.5 x 20.5 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste et du Département d’arts visuels de l’Université d’Ottawa.|
found at the Department of Visual Arts, University of Ottawa where the artist works, 20 x 12.5 x 20.5 cm.
Courtesy of the artist and the Department of Visual Arts, University of Ottawa.
du 2 novembre 2024 au 14 décembre 2024 Educating Our Desires, equity-deserving action within artist-led spaces
Vernissage : 2 novembre 2024, de 15h à 17h
Table ronde : 16 novembre 2024, de 15h à 17h Futurismes : Réentrainer nos montées de dopamine
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Dans le cadre de cette exposition qui propose une chronologie, des objets et des documents, l’accent est mis sur des exemples historiques d’actions envers les groupes dignes d’équité dans les espaces dirigés par des artistes, et comment les échos de ces actions sont référencés dans le contexte actuel des futurismes numériques. Des oeuvres contemporaines sont présentées comme des expressions de désir pour des futurs alternatifs, « nourries » par les actions du passé.
Library of Infinities (Bibliothèque des infinis) de Shaya Ishaq, est une plateforme web conçue pour et par les communautés de la diaspora noire et afro-diasporiques, et une base de données en constante croissance sur les livres d’auteur.e.s de l’afro-diaspora. Le projet personnel de Rihab Essayh, Canadian BIPOC Art (Art PANDC canadien), vise à développer les connaissances sur les artistes PANDC à travers le Canada. Canadian BIPOC Rolodex Project (Projet Rolodex canadien PANDC) de Jinny Yu, imite un Rolodex analogue, faisant référence à la manière dont les artistes PANDC étaient connu.e.s dans le passé, par le biais des réseaux personnels et artistiques, plutôt qu’à travers les institutions.
Sarah E.K. Smith s’inspire d’une table ronde organisée en 1987 par Independent Artists’ Union pour présenter des exemples historiques de résistance subjective aux structures dominantes de pouvoir dans les arts, par l’entremise des structures syndicales qui identifient les artistes comme des travailleuses et travailleurs dignes d’équité, tel que reflété dans des salaires à la hauteur de leur travail.
Amber Berson propose une conversation historique qui tombe à point nommé, entre plusieurs positions de défense de la culture, faisant état de courants au sujet de l’équité dans le domaine des arts, de pair avec les désaccords autour des chronologies et l’intensité des demandes. Cette conversation, organisée par le Women’s Art Resource Centre en 1994, constitue une analyse cinglante des questions de genre, de race et de culture à l’époque. Le public est invité à actualiser les appels à l’action et les revendications de la vidéo par le biais d’annotations.
Pour Cycling Intentions, Snack Witch/Joni Cheung et Brandon A. Dalmer ont mené un processus de consultation en compilant une chronologie d’événements visant l’équité, et provenant de sources variées. Cette chronologie tourbillonne à la façon d’un maelstrom, au gré du va-et-vient des alliances croisées. Cette formation ne progresse pas de façon linéaire ; au contraire, nous sommes emporté.e.s par l’expérience partagée et la transmission intergénérationnelle de la mémoire et de l’oubli cyclique.
Le titre anglais de l’exposition, Educating Our Desires, provient de la chercheuse Ruth Levitas, qui utilise cette expression dans le cadre de sa méthodologie utopique. Selon Levitas, en résumé, si nous souhaitons créer du changement, il nous faut jeter un regard sur le passé afin de comprendre comment nous avons créé les circonstances actuelles ; nous devons ensuite prendre le temps de nourrir nos désirs face à ce que pourrait être l'avenir d’une question en particulier. Dans le cas de l’équité dans le domaine des arts, nous entrevoyons dans un cycle constant de conversations et de thèmes qui freinent l’avancement réel, et nous désirons que certains de ces nouveaux projets puissent faire changer les choses.
Cette exposition s’appuie sur l’expérience vécue des commissaires et des artistes dans les milieux dirigés par des artistes, et sur la recherche artistique et commissariale portant sur les histoires culturelles des communautés dirigées par des artistes à compter des années 1970. Au cours de leur recherche, les deux commissaires ont décelé un parti pris historique dans le fait d’isoler les histoires partagées de demandes d’équité au sein des groupes identitaires marginalisés dans le milieu des arts. Ce morcellement de l’intérêt reflète la situation actuelle, dans laquelle les engagements des artistes envers l’équité suscitent des sentiments de frustration, d’insatisfaction et d’anxiété. Peu de personnes impliquées sont satisfaites des circonstances dont elles ont hérité.
En mettant l’accent sur ces expressions historiques de désir comme des événements qui parcourent l’espace et le temps à travers un processus d’« éducation », cette exposition fait valoir comment le milieu apprend de lui-même dans des processus cycliques conscients et subconscients. La prise de conscience de ce processus peut impulser des actions collectives vers des répétitions prometteuses. Les pratiques esthétiques nourrissent nos désirs pour qu’ils soient le moteur qui nous conduit vers des horizons apparemment inatteignables.
Malgré leur rêve d’une grande exposition qui aurait traité ces histoires complexes de façon équitable, et rétribué le travail des personnes impliquées dans ce projet, les commissaires souhaitent mentionner que ce projet n’a pas obtenu de financement des Conseils des arts provincial et national. Par conséquent, l’échelle modeste de notre entreprise reflète l’austérité de la situation actuelle des arts.
Les commissaires aimeraient remercier les artistes pour leur participation, et la galerie pour son accueil ; Deanna Fong, directrice littéraire de la Capilano Review et BJJ badass, de même que plusieurs autres contributrices et contributeurs invisibles, qui ont alimenté notre réflexion sur le sujet, au fil du temps ; Jellofied, anciennement le Centre de recherche urbaine de Montréal (CRUM) ; le CRSH, pour le soutien matériel additionnel, et nos familles pour leur amour bienveillant.
Description des projets
Amber Berson
Projection en boucle d’une captation de la table ronde organisée par le Women’s Art Resource Centre (Toronto) au Musée des beaux-arts du Canada, à l’automne 1994. La table ronde originale était animée par Fay Cromwell-Tollenaar, avec Edythe Goodridge, du Conseil des arts du Canada ; Angela Lee, chercheuse torontoise active dans le domaine du théâtre et des arts communautaires ; LeeAnn Martin, agente de l’équité au Conseil des arts du Canada, à l’époque ; Sylvie Fortin, commissaire indépendante ; Janice Seline, du Musée des beaux-arts du Canada ; les artistes Jane Ash Poitras et Wilma Needham, ainsi que Linda Abrahams, du WARC. Cette table ronde offrait une analyse cinglante des questions de genre, de race et de culture à l’époque ; il est troublant de remarquer à quel point les questions soulevées alors sont encore pertinentes aujourd’hui. Les participantes à la table ronde et les membres de l'auditoire ont commenté sans relâche la lenteur du changement et l’importance de l’action affirmative dans le processus d’inclusion. Toutes ces personnes faisaient preuve d'une compréhension assez sophistiquée des interrelations entre les classes, les races et les genres dans leurs discussions. Les centres d’artistes autogérés sont coincés dans une boucle de rétroaction qui les amène à reconsidérer sans cesse les mêmes questions. La documentation défaillante, l’accès impossible à la documentation ou le manque de temps et de ressources pour traiter convenablement la documentation provoquent une amnésie qui nous fait perdre notre temps en ressassant le passé, plutôt que d’imaginer un avenir. En plus de la projection du film, nous animerons une activité d’annotation de la transcription. Ensemble, les commissaires et le public actualiseront les appels à l'action et les revendications de la vidéo, pour visualiser le progrès des trente dernières années, et faire avancer la discussion plutôt que de la laisser continuer en spirale.
Rihab Essayh
Inspirée des architectures vernaculaires de régions de l’Afrique du Nord, cette œuvre textile se tient dans l’espace pour nous rappeler qu’il est possible, voire désirable, de bâtir des mondes à partir de matériaux locaux et selon des savoirs anticoloniaux. Dans ces traditions du bâtiment, il est possible de tester de nouveaux matériaux, mais ceux-ci ne pourront pas durer à moins de se fondre dans le territoire et l’environnement dans lesquels ils se trouvent. Des styles plus anciens perdurent en lien avec les facteurs de stress environnementaux, tout comme des technologies plus nouvelles, importées, peuvent échouer, à moins qu’elles ne soient adaptées aux conditions atmosphériques et aux désirs de la population des villages dans lesquels ces structures sont construites. En tant que métaphore des plateformes dans les médias sociaux des espaces numériques, des principes similaires peuvent être appliqués à l’architecture de l’information qui structure la représentation des artistes et de leurs œuvres sur le compte Instagram.
Shaya Ishaq
Library of Infinities est un espace numérique qui célèbre la diversité et la créativité de l’imaginaire noir par le biais de la littérature, du cinéma et de la musique. Sur cette plateforme web, nous invitons le public à alimenter une base de données en constante croissance sur les livres d’auteur.e.s de l’afro-diaspora. Cet espace convie les gens à laisser leur trace pour les prochains visiteurs et visiteuses de cette archive créée par les utilisateurs, dans laquelle il est possible de partager et d’apprendre à partir des points de vue des autres. Cette bibliothèque numérique valorise le partage et s’efforce de fournir du travail et des ressources pour approfondir notre compréhension des œuvres présentées sur cette plateforme. Library of Infinities s’efforce d’être un portail de connexion basé sur le respect et l’amour de la littérature noire et afro-diasporique.
Shaya Ishaq a débuté le projet Library of Infinities lors d’expositions dans les espaces dirigés par des artistes Khyber Centre for the Arts (Halifax, 2017) et SAW (Ottawa, 2021). Tandis que ce projet continue d’évoluer dans des espaces physiques et numériques, Ishaq est motivée par des questions telles que : Comment une plateforme web peut-elle être un espace générateur d’apprentissage et de partage ? À quoi ressemble la collaboration dans cet univers numérique ? Comment la Bibliothèque des infinis produit-elle des modes dynamiques de narration ?
Jinny Yu
Le Canadian BIPOC Rolodex Project a été inité par les professeures Jinny Yu et Celina Jeffery (Université d’Ottawa) et Ming Tiampo (Université Carleton), à une époque de tensions raciales sur les campus. Ce projet est une base de données interrogeable sur les artistes PANDC au Canada, qui facilite et encourage la recherche, l’enseignement et les expositions portant sur les artistes PANDC, qui continuent d’être sous-représenté.e.s dans les publications, les expositions et les programmes d’études. La base de données imite un Rolodex analogue et fait faisant référence à la manière dont les artistes PANDC étaient connu.e.s dans le passé, par le biais des réseaux personnels et artistiques, plutôt qu’à travers les institutions.
Elle vise à augmenter l’accessibilité des artistes PANDC dans les premières étapes de la recherche en commissariat d’exposition et en histoire de l’art, pour ensuite accroître leur représentation dans les programmes d’études, les publications et les institutions artistiques. Elle est à la fois conçue comme une plateforme commissariée, un projet numérique en sciences humaines et un travail de représentation.
Sarah E.K. Smith
Même si l’on reconnait de plus en plus la précarité et les inégalités du travail culturel, l’histoire des efforts fournis par les artistes pour comprendre leurs conditions et s’organiser en vue de les améliorer n’est pas bien documentée au Canada. Ce projet met au jour les efforts historiques d’avancement de l’équité dans le milieu de l’art, en se concentrant sur des initiatives ontariennes des années 1980, qui ont contribué à des changements ultérieurs dans la politique culturelle fédérale. Centrée sur la captation d’un événement tirée du fonds Condé Beveridge des Archives de l’Université Queen’s, cette œuvre propose la transcription d’une table ronde organisée en 1987 par Independent Artists’ Union, en partenariat avec A Space Community Arts, et tenue au centre d’artiste autogéré A Space à Toronto. Intitulée Working Odds - A Forum on Issues of Race in the Arts System, cette table ronde traitait de l’équité dans le domaine des arts, avec la participation de Beatrice Bailey, Clifton Joseph, Richard Fung, Midi Onodera et Chet Singh. Une discussion franche sur les défis auxquels devaient faire face les artistes PANDC, de même que les artistes aux prises avec de la discrimination due à d’autres positions identitaires intersectionelles, cette conversation est riche d’idées significatives sur les défis et structures du milieu de l’art canadien. Près de quarante ans plus tard, cette discussion fait écho aux obstacles qui se dressent devant les artistes d’aujourd’hui, et soulève la question du progrès en ce qui concerne la réduction de la discrimination et l’amélioration de l’accès dans le domaine des arts.
Snack Witch/Joni Cheung, Brandon A. Dalmer
Cycling Intentions
Depuis plus de soixante ans, les conversations sur l’équité, la diversité, l’inclusion et l’accessibilité ont surgi et se sont dissipées dans la conscience des institutions culturelles canadiennes, des centres d’artistes autogérés et des milieux dirigés par des artistes. Comment l’analyse des contributions de celles et ceux qui nous ont précédés – leurs succès, les échecs, les questions qui ont refait surface et ce qui a été transformé –nous permet-elle d’aller de l’avant ? Nous nous rassemblons pour animer des conversations et poser des questions : Comment pouvons-nous avancer dans le temps, à la lumière du savoir intergénérationnel et du travail collectif des organismes de représentation dirigés par des artistes, dans le passé et aujourd’hui ? Faut-il toujours aller de l’avant pour favoriser le changement ? Est-ce constructif de prendre du recul, de lire entre les lignes des schémas récurrents, historiques et actuels ?
16 novembre, 15h - 17h
Description de la table ronde:
Futurismes : Réentrainer nos montées de dopamine en ligne et en présence, en anglais, traduction en temps réel disponible
Cette conversation réunissant Jinny Yu (Canadian BIPOC Artists Rolodex), Rihab Essayh (@canadianbipocart) et Shaya Ishaq (Library of Infinities) est animée par Felicity Tayler et se concentre sur les espaces dirigés par des artistes et la méthode qu’ils partagent pour atteindre des horizons possibles quant aux modes durables de vie et de création. Nous aurons un débat ouvert à propos de la contribution des réseaux numériques et des bases de données comme médias de représentation, permettant de définir une voie vers la libération. Les praticiennes et praticiens de ces projets ont toutefois conscience du fait que la création d’espaces d’archivage numérique comporte des contraintes qui ne sont pas intrinsèquement progressistes. Les conditions économiques et sociales de production de ces espaces d’archivage ne vont pas en s’améliorant. Ils sont plutôt engagés un cycle de renouvellement et d’engagement continu qui relie les appels à l’équité du passé à ceux de l’avenir. Il est depuis longtemps admis que les espaces numériques reflètent l’oppression du monde réel et ne produisent pas en soi la libération, l’équité ou les pratiques inclusives. Et pourtant, les espaces dirigés par des artistes ont régulièrement développé des formes relationnelles en réseau et des pratiques de listes et de répertoires, explorant le corps et l’identité comme étant circonscrits par des grilles et des systèmes. Dans les communautés racialisées ou autrement marginalisées, ces modes construisent une capacité interne et favorisent l’aide mutuelle afin de combattre l’hostilité produite par des acteurs malveillants et des inégalités structurelles. L’esthétique n’agit pas seulement de manière à conduire l’esprit vers de nouvelles façons de penser ; elle a aussi le pouvoir de réentrainer nos montées de dopamine vers de nouvelles connexions neurales (Sylvia Wynter).
Directrice générale du Centre des arts visuels de Montréal, Amber Berson est auteure, commissaire et historienne de l’art. Elle détient un doctorat de la Queen’s University où elle a poursuivi des recherches, subventionnées par le CRSH, sur la culture des centre d’artistes autogérés et la pensé féministe-utopiste. Elle est également professeure associée au Département d’histoire de l’art de l’Université Concordia, à Montréal, où elle travaille à un projet de recherche à long terme sur l’histoire des centres d’artistes autogérés en quête d’équité, dont le titre provisoire est « Parallel ». Dans ses temps libres, Berson participe à des projets sur l’équité du savoir, en particulier le projet Art+Feminism de Wikipedia, où elle a œuvré à divers titres depuis une décennie et dont elle est membre du conseil d’administration. En plus de son travail de commissaire, Berson a vu ses écrits paraître dans diverses publications canadiennes et internationales.
Felicity Tayler
Les sujets de recherche de Felicity Tayler incluent la modélisation des métadonnées, la visualisation des données et la culture de l’édition dans les communautés littéraires et poétiques. Elle est directrice au développement du Data Literacy Research Institute et associée de recherche au Humanities Data Lab à l'Université d'Ottawa. Elle est présentement co-candidate de SpokenWeb Partnership, subventionné par le CRSH, qui prône une approche coordonnée et collaborative de l’étude littéraire historique et du développement numérique, avec diverses collections d’enregistrements parlés du Canada et d’ailleurs. En tant que membre du Groupe d’experts national sur la formation de l’Alliance de recherche numérique du Canada, elle a été l’auteure principale de la ressource éducative libre bilingue, intitulée Making Digital Humanities Research Data Public / Manuel d’introduction aux données : rendre publiques les données de recherche en sciences humaines numériques. Également artiste visuelle et commissaire, elle a produit des expositions et publié des écrits spécialisés explorant les relations de coédition au sein des communautés littéraires et artistiques.
Rihab Essayh
Rihab Essayh est née au Maroc et a grandi à Montréal. Elle est une artiste interdisciplinaire dont les installations immersives à grande échelle apparaissent comme les supports des conditions nécessaires à une « douceur radicale », idée qui suggère que montrer ses émotions et sa vulnérabilité est un geste politique dans une société qui priorise l’intellect et l’indifférence. Essayh use de légèreté et de délicatesse, c’est-à-dire de l’effet cumulatif d’un paysage construit à partir de la vision d’un futurisme doux ; un futur inventé, un nouvel espace rempli d’espoir qui est décentré, intersectionnel, inclusif et radicalement doux. Dans sa recherche, elle se penche sur des enjeux d’isolement et de déconnexion à l’ère du numérique, imaginant des futurs empreints d’une force douce et d’une reconnexion sociale, en proposant une plus grande harmonie avec les couleurs, les costumes, la tactilité et le son. Elle détient une maîtrise en beaux-arts de la University of Guelph (2022). Ses œuvres ont été présentées au festival ARTCH (Montréal), La Centrale Powerhouse (Montréal), Never Apart (Montréal), the plumb (Toronto), la Art Gallery of Guelph, la Union Gallery (Kingston), Arsenale (Toronto) et Mcbride Contemporain (Montréal).
Shaya Ishaq
Shaya Ishaq est artiste interdisciplinaire, designer et auteure ; elle vit présentement à Portland, en Oregon. Dans sa pratique artistique, ses recherches portent sur l’artisanat, la diaspora, l’anthropologie du design et l’afrofuturisme. Elle détient un baccalauréat en beaux-arts (Fibres & Material Practices) de l’Université Concordia, avec des études secondaires en anthropologie ; elle a également étudié à la NSCAD University. Shaya a poursuivi ses recherches au Textiles + Materiality Research Cluster, une division du Milieux Institute for Arts, Culture, and Technology, où elle a reçu une bourse d’études et de recherche. De plus, en 2022, elle a été la première chercheuse en Black Perspective Research de l’Université Concordia. Elle a effectué des résidences, entre autres, à la Haystack Mountain School of Crafts (Maine), au Watershed Center for the Ceramic Arts (Maine) et à la Arquetopia Foundation (Puebla, Mexique).
Son travail a été présenté à la galerie SAW, à la galerie Patel Brown, au Khyber Centre for the Arts (Nouvelle-Écosse), à la Galerie d’art d’Ottawa et à l’Art Gallery of Burlington (Ontario). Elle a également fait des exposés sur sa pratique artistique au NIA Centre, à la NSCAD University, à l’Université Concordia et à la School of Art de la University of Manitoba. Ses écrits ont été publiés dans Canadian Art, Studio Magazine et Public Parking. Shaya a reçu des bourses du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts de l’Ontario, et a été lauréate d’un William and Meredith Saunderson Prize for Emerging Artists (2023).
Sarah E.K. Smith
Sarah E.K. Smith est une chercheuse dont les travaux portent les arts visuels, le travail en création et la diplomatie culturelle. Elle a agi comme commissaire d’expositions en art contemporain pour l’Agnes Etherington Art Centre, Museum London et la Carleton University Art Gallery. Sarah détient la Canada Research Chair in Art, Culture and Global Relations à la Western University, où elle est professeure agrégée dans la Faculty of Information and Media Studies. Elle s’intéresse à la manière dont les artistes se mobilisent pour le changement, et elle écrit présentement un ouvrage sur l’Independent Artists’ Union avec Greig de Peuter.
Snack Witch/Joni Cheung & Brandon A. Dalmer
Snack Witch/Joni Cheung est une femme queer, Honkongaise-chinoise anglophone née au Canada. Iel est une Sculpture Witch certifiée avec une maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia. Malicieuse #fille magique dévoreuse d’art +faiseuse d’en-cas, sa pratique interdisciplinaire examine la relation entre objets↔place↔migration↔identités, toujours avec humour, parfois avec de la bouffe.
Brandon A. Dalmer explore la production et la technologie d’images par la fabrication, les processus de création et l’assistance robotique. Sa pratique picturale open-source contextualise des processus invisibles et sert d’archive. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions au Canada et sur la scène internationale. Il vit à Tiohtiá:ke/Montréal.
Jinny Yu
Jinny Yu est artiste et éducatrice. Dans sa pratique artistique, elle explore la peinture comme moyen de tenter une compréhension du monde qui nous entoure. L’œuvre qu’elle a présentée lors de la 56e Biennale de Venise aborde des thèmes autour de la migration, qui sont en résonance avec des enjeux politiques mondiaux plus vastes. Yu œuvre à la fois pour scruter les conventions de la discipline picturale et pour en explorer de nouvelles possibilités, oscillant entre les champs de la peinture abstraite et l’objet. Son travail a fait l’objet d’expositions au Canada, en Allemagne, au Japon, en Italie, au Portugal, en Corée du Sud, au Royaume-Uni et aux États-Unis.